MÉNINGITE TARDIVE
Paralysies générales saturnines. %
Une dernière variété clinique de méningite satürnine est réalisée par le syndrome décrit sous le nom de paralysie et de pseudo-paralysie générale saturuine, par Vallon, Magnan.
Lors des premières descriptions de Vallon, il ne fut pas question naturellement de ponction lombaire. Maïs des cas analogues à ceux décrits par ces aliénistes 0bservés actuellement par Sicard et par Œttinger, ont permi de décéler, tout comme dans la paralysie géuérale syphilitique, une réaction leucocytaire du liquide céphalo-rachidien, et même une réaction considérable qui permet de les concevoir comme une méningite saturnine. C’est l'expression subaigüe et tardive de la méningite, comime la méningite aiguë est l’expression précoce de l’intoxication, récente, et massive. Point n'est besoin que ces manifestations tardives soient précédées des syndromes frustes ou aiguës de la méningite saturnine. Celle-ci peut avoir ou ne pas
avoir existé.
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Comme l’a montré Vallon et plus récemment Sicard, on peut voir survenir plus ou moins tardivement chez les saturnins, en-dehors de toute autre cause et en particulier en dehors de la syphilis, qui doit faire défaut dans les cas authentiques, un tableau clinique complet et classique de paralysie générale. Calquée sur la paralysie générale syphylitique, cette variété, qui ne reconnait pour cause que l'intoxication plombique, ne: diffèrerait de celle-là que paï la possibilité d’une régression, sinon d'une guérison complète: elle serait tantôt progressive, tantôt régressive.
C’est dans deux cas de cette nature que M. Sicard a trouvé une réaction, lymphocytaire très abondante du liquide céphalo-rachidien. |
Si le tableau clinique est moins complet, si la régression des symptômes est plus accusée, on peut parler de forme de pseudo-paralysie générale. M. Mosny (exposé de titres, p. 47) parle d’un cas observé chez un de ses malades qu’il soupçonne relever de pseudo-paralysie générale.
Ce malade, âgé de 54 ans, alcoolique et saturnin, fréquemment atteint, depuis 25 ans qu'il est peintre, de coliques de pomb, présentait des signes évident de lésions encéphalo-méningées : signe de l'éventail des orteils, exagération vraie des réflexes tendineux, prédominant du côté gauche, leucocytose céphalo-rachidienne, comportant, par champ d'immersion, 50 à 60 lymphocytes, quelques gros mononucléaires et quelques rares polynucléaires. Ce fut un mois après un rhuma-
tisme, qu'apparurent ces accidents soi-disant hystéro-
neurasthéniques, caractérisés par une hémiparésie générale totale sensitive motrice et sensorielle, une dy- Sarthrie spasmodique pseudo-paralytique et une astasie à base également spasmodique, doublée de staso-basophobies ee |
(Ce malade simulait la. paralysie générale, non seulement par ses troubles spasmodiques pseudo-paralytiques, mais par la réaction leucocytaire de son liquide céphalo-rachidien; c'était, de l'avis de M. E. Dupré, qui le vit, une fausse paralysie générale susceptible de régression. —
« En effét, deux mois après l'accident, l’hémianesthésie sensitivo-sensorielle avait disparu, mais ni la parole, ni la démarche ne s'étaient modifiées. Au bout de 7 mois, tous ces troubles soit-disant hystéro-neürasthéniques avaient à peu près disparu, quand le malade smimula de nombreux malaises dans un but intéressé (accident du travail). »
Ce n’est pas là, évidemment, le tableau complet de paralysie générale, c'est pourquoi on peut appeler ces cas des pseudo-paralysies générales. Mais ces cas, réoressifs, où curables qui simulent la paralysie générale peuvent en être {a menace. M. Mosny se demande si de tels états, simulacres de paralysie générale, n'en marquent pas quelquefois le début comme la neurasthénie la plus bamale peut parfois préluder à la paralysie générale plus franche. La pseudo-paralysie générale comme la paralysie générale régressive qui, l’une et l’autre, s’observent chez les saturnins, ne seraient-elles pas les différentes étapes d’un même processus, capable de sarrêter, de rétrocéder, de guérir, mais capabie aussi de
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conduire à la paralysie vénérale progressive, mortelle, forme commune de la paralysie générale syphilitique? »
Dans ces formes de méningite saturnine, 1& lymphocytose céphalo-achidienne est habituellement considérable : on compte de 50 à 200 éléments, qui sont presque tous des lymphocytes; il est à noter que dans ces processus chroniques, on ne voit pas de polynucléaires ou de mononucléaires, qui semblent témoigner d’un processus plus aigu; pourtant, ces éléments peuvent apparaître dans le liquide, mais c’est justement alors, au cours d’un accident aigu surajouté, accès épileptiforme, poussées congestives (1).
Ces poussées de polynucléose sont fugaces et transitoires, et la lymphocytose persiste entre elles et su:vit même à la guérison apparente, ce qui permet de douter de la légitimité de celle-ci.
Comme type de ces paralysies générales, nous rapportons une observation de MM. Œttinger et Malloizel, où des accidents survinrent sans prémisses sept années après le début de l’intoxication. Ils sont représentés surtout par de la dépression et de la confusion mentales momentanées, de linaptitude au travail, de la céphalalgie, de la trémulation des lèvres et de la langue, des troubles de la parole, des vertiges. Le pouls est ralenti, les vomissements fréquents, et la constipa-
(1) M. Widal et Lemierre cnt signalé au cours de la paralysie générale syphilitique des poussées congestives qui se traduisent par un aspect purulent passager de liquide cephalo-rachidien où l'on trouve alors le polynucléaire en état de conservation parfaite.
tion rebelle; les réflexes sont exagérés : mais il n’y avait pas de démence vraie. C’est l’un ,des cas où la ponction lombaire révèle une leucocytose de plus élevée presqu’à 200 éléments.