OBSERVATION
(Mosny et Tr Tribune Lédicale, 30 novembre 1905).
ve
Pierre del M.. es 29 ans, peintre en bâtiments, entre à l’hôpital Saint- Antoine, salle Louis, lit numéro 12, le 21 juillet 1906. Antécédents héréditaires. — Son père serait mort à 60 ans, de
eongestion cérébrale. « Il était peintre et n’avait jamais présenté d’autres accidents saturnins que des attaques de rhumatisme ie le maläde qualifie « d'accès de goutte ». 5
Sa mère est morte d'affection inconnue. Le malade est fils
Antécédents conjugaux. — II vit depuis 4 ans avec une femme bien portante, dont il a un graçon âgé de 3 ans et demi. Nous avons pu examiner cet enfant, qui paraît sain, et ne présente auc.n stigmate d’hérédo-syphilis. Au mois de novembre dernier, si femme à fait une fausse couche de 4 mois et demie.
Antécédents personnels. — Pas de maladies d'enfance, le malade, depuis l’âge de 13 ans, exerce la profession de péintre en
bâtiment. Il ne broyait pas les couleurs, mais faisait le badi-
geonnage et l’enduit, rarement le ponçage. Il eut, il y a 2 ans, deux crises successives de coliques de plomb, qui durèrent chacune une huitaine de jours. Pendant son service. militaire (i
Re
y a à ans), le malade présenta sur la face supérieure du gland une ulcération ronde, grande comme la moitié d’une pièce de 5Q centimes, peu douloureuse, un peu purugineuse, sans adénopäthie, ni écoulement uréthral, qui guérit en huit Jours, après -applications locales d’une poudre blanche (?). Aucun accident d'apparence secondaire ni céphalée, ni éruption, ni chute de cheveux. 11 semble s'être agi là, soit d’un chancre mou, soit, plus. probablement, d’une ulcération herpétique. Il n’en subsiste actuellement aucune trace. D'ailleurs, le malade affirme avoir eu trois rapports avec la femme suspecte: le premier datait de 15 jours au plus avant l’apparition de l’ulcération.
Deux fois par an, le malade est atteint de douleurs rhumatismales localisées aux chevilles et aux gros orteil, qui cèdent «au bout de quinze jours au traitement salicylique. Il est manifestement alcoolique (aveux et stigmates). Tous ces renseignements nous ont été fournis par la femme du malade d’abord, puis confirmés par le mälade lui-même après disparition des troubles cérébraux pour lesquels il entrait à l’hôpital.
Débuts, — Il y à un mois environ, après quelques accès alcooliques, le malade est pris de perte de connaissance et d’une cerise convulsive (?) qui dure 4 à 5 minutes, depuis 15 jours environ, il se plaint de maux de tête et ne dort plus la nuit. Dans l’après-midi du 21 juillet, à la suite de libations renouvelées depuis plusieurs jours, le malade est pris d’une céphalée plus violente. Il rentre chez lui, puis tout à coup perd connaissance et tombe à terre, la face cyanosée, les lèvres laissant échapper une écume sanguinolente, Le bras droit aussitôt est animé de secousses fréquentes à courtes oscillations qui ne durent que quelques secondes, puis la crise cesse; le malade a perdu ses urines. Dans la même journée il a eu 5 crises semblables, qui se sont succédé à une demi-heure d'intervalle environ. On le transporte à l’hôpital ou surviennent des nouvelles crises convulsives qui d’après $es voisins de lit, ont uniquement affecté les membres du côté gauche,
Etat actuel. — Le malade, dans un état demi-comateux, est incapable de répondre aux questions qu’ on lui pose. Il est courbé en chien de fusil. Son corps est couvert de sueurs profuses. La température rectale atteint 41; 5 (cette température authentique a été vérifiée à diverses reprises avec différents thermomètres), la respiration est normale. ‘ 1
Système nerveux. — Il existe une dore contracture en extension du bras et de la jambe gauche, difficile à vaincre. Pas de déviation de la face. Les réflexes tendineux et cutanés sont normaux, pas de signe de Babinsky. Signe de Kernig. Les pupilles sont égales, mais très dilatées; pas de signe d’Argeyll Robertson. La sensibilité est intacte. L’incontinence des matières et des urines est absolue.
Appareil digestif. — La bouche est sanguinolente, la langue, saburrale, présente des traces de morsure, au niveau des premières molaires de chaque côté. Il existe un liseré de Burton des plus nets, au niveau des incisives et des canines supérieures. Pas de parotidite. Le foie est plutôt petit et affleure à peine le rebord des fausses côtes. La rate est normale, l’abdomen est souple et non douloureux.
Appareil urinaire. — Les urines sont claires, rares (800 centimètres cubes) et contiennent une quantité appréciable d’albumine; pas de sucre, peu d’urée (12 gr. 6) et de chlorures (2 gr. 72). Les autres appareils sont normaux; les poumons sont sains; les bruits du cœur normaux et bien frappés. Le pouls est ample et régulier: 100. La tension artérielle: 19 centimètres.
Une ponction lombaire pratiquée le jour même de l’entrée donre les résultats suivants: liquide clair, incolore, sans forte tension (écoulement en jet continu) : léger disque albumineux culot de centrifugation abondant.
Réaction méningée intense: 35 à 50 éléments par champ optique (immersion 1/5 Stiassnie, ocul. I) dont:
Polynucléaires neutrophiles sains .. .. .. .. .... 95 0/0 D PE Re Viun vo a + tbe 06 iron 0e 5 0/0