UNE DICTATURE DANS L EGLISE
'■<■ est essentiellement active. Mais ceci ayant été expliqué « ailleurs, nous ne nous arrêterons point à le développer de « nouveau. Il suffit d'avoir rappelé les principaux points « qui forment la base de notre méthode. »
Dans la page que nous citons, La Mennais fait allusion aux conférences des années précédentes à La Chênaie. Celles de Juilly portèrent sur Dieu, la création, l'univers, la nature, et l'homme. Le cours était parlé, plein de choses fortes, justes, charmantes, originales (pour employer les épithètes de Sainte-Beuve), vivant et entraînant, comme l'étaient les monologues du docteur breton dans la dialectique la plus abstraite.
Pour bien montrer que le cours n'était pas dicté, mettons en parallèle un fragment autographe du philosophe et le même passage dans les rédactions des disciples :
« Ce qui existe nécessairement, ce qui « est un. infini, éternel. iLtre, en un mol, « c'est Dieu. Il est celui qui est : voiln « son nom, et ce nom incommunicable.
n répété de monde en monde, circule (( comme la vie dans l'univers. Toute (' langue le prononce, tout bruit le mur- « mure. Du sein delà création, au malin «' des jours, s'éleva une voix qui le redit Il sans fin, et les astres, mus par une « force céleste, l'écrivent dans l'espace en « lettres de feu. — Les philosophes se « sont consumés en de longs efTorts, ils « ont épuisé le raisonnement pour prou- « ver que Dieu existe. Inutile labeur!
« Dieu par sa nature est indéniontrable. « Comment démontrer l'existence de <c l'être, sans la supposer?... »