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Chapitre IV. — DIEU (texte des étudiants

« Cet être un. nécessaire, infini, incompréhensible, c'est Dieu. Il est celui qui est et celui par qui tout est. Dieu !

ce nom circule comme la vie dans tout l'univers, el du sein de la création où il est écrit en lettres de feu. une voix toute puissante le proclame incessamment à toutes les générations. Les philosophes se sont elForcés de démontrer son existence.

\'ain labeur! Il est, il subsiste par lui-même... »

L'abbé Rohrbachcr, qui examina quelques cahiers des

auditeurs, jugea bon de compléter leurs notes sur la grâce et finit par rédiger un petit traité sur ce sujet. Après quoi il se crut le rival et le correcteur du maître.

Pendant que ce bonhomme (comme l'appelaient quelquesuns) faisait le théologien à Malestroit, M. Féli se dégoûtait un peu de ce noviciat lointain. Ressaisi par la vie intellectuelle de la capitale, il sentait davantage la nécessité d'un séjour à Paris pour des jeunes gens qui devaient recevoir une culture assez avancée. Il voulut donc fonder une sorte d'école normale catholique, destinée à ceux qui s'attacheraient à la Congrégation de Saint-Pierre. Il essaya d'abord de louer l'ancienne maison des Feuillantines, qui lui rappelait (comme à Victor Hugo) tant d'heureux souvenirs, mais, la propriétaire lui paraissant peu raisonnable dans ses prix, il choisit des appartements dans la rue de Vaugirard. La famille ménaisienne y fit son entrée le 15 septembre 1831. Elle comprenait vingt-deux personnes et quatre domestiques.

Ne quittons pas Juilly sans rappeler que Y Agence générale pour la défense de la liberté religieuse fut organisée dans la vieille maison oratorienne, en décembre 1830. Elle avait pour but de faciliter la résistance légale en face de la violation des droits légitimes des catholiques ; eUe voulait soutenir les faibles ou les vaincus pour intimider les forts ou les vainqueurs ; elle espérait servir de lien commun et sohde à toutes les associations locales qui combattraient contre les tyrannies anti-religieuses. Le comité de cette œuvre active avait La Mennais pour président. — Bon nombre d'articles de V Avenir furent écrits dans le coUége de l'abbé de Sahnis. Malgré son autorité respectée, celui-ci cherchait vainement à modérer certaines plumes d'une jeunesse débridée (la plume de Lacordaire, pour l'appeler par son nom). Quant au dictateur, il lui répondit un jour : Quod scripsi, scripsi.

UNE DICTATURE DANS l'ÉGLISE 145

Mais, en vérité, tenaillé par des affaires d'argent, harcelé d'adversaires de tout habit et de tout acabit, tourmenté par un corps rebelle, partagé entre l'action passionnée du journaliste et les méditations pures du métaphysicien, M. FéU fait songer à la flamme d'origine divine, que Virgile a chantée. Elle aspire à se dégager des organes matériels auxquels elle est liée, à se Ubérer des membres de mort qui la tiennent emprisonnée. Aussi bien, l'esprit qui lutte en tous sens contre les limites qui lui sont imposées, c'est une doctrine chère au Malebranche des conférences de Juilly.

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