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CHAPITRE XXXIX SON INFLUENCE

Avant tout, La Mennais est un penseur. Du moins, le titre auquel il tiendrait le plus, c'est celui-là. Il a cru que la vérité sauverait le monde, et il l'a cherchée dans l'étude des lois qui régissent la société, pour connaître et défendre les conditions du progrés, et travailler ainsi à l'avènement d'une humanité mieux organisée, partant meilleure et plus heureuse. Le 14 janvier 1809, il copiait dans son agenda la formule : Salus popiili suprema lex eslo. Voilà sa devise pendant sa vie entière.

Peu d'hommes ont pris un pareil ascendant personnel sur les individus, et son influence est une des plus considérables qui se soient jamais produites dans le domaine des idées religieuses et des idées démocratiques.

Dans l'Eglise :

Il a renouvelé l'apologétique et l'éloquence sacrée.

Il a contribué à l'achèvement de la centraUsation dans le gouvernement romain de la principale confession religieuse de l'univers,

11 a créé le libéralisme catholique.

11 a inspiré le socialisme chrétien.

En dehors de l'Eglise :

Il est un des fondateurs de la République.

Il a préparé l'établissement de toutes les libertés que le temps a justifiées ou imposées.

Littéraire et morale, l'action de ce grand écrivain a laissé trace sur les maîtres du romantisme, et sur d'innombrables lecteurs. Elle continuera de s'exercer sur les générations nouvelles par des pages qu'il serait déplorable de ne pas introduire dans l'éducation française.

Physionomie humaine, Là Mennais restera matière inépuisable aux psychologues, aux dramaturges, aux romanciers. Dans sa Passion d'Armelle Louanais, qui a ravi tant de jeunes lectrices, M. Charles Géniaux montrait naguère l'intérêt d'une fiction ménaisienne.

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