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La castration chez la femme est une opération qui sort des pratiques ordinaires de la chirurgie : en effet, elle n’est par dirigée contre un organe dont la lésion est incompatible avec l’existence et dont l’ablation est supposée devoir mettre un terme à tout accident ; elle consiste au contraire à enlever des organes sains, à structure intacte ou du moins assez peu modifiés pour que leur extirpation ne trouve pas sa raison d’être dans leur lésion. Son but est de provoquer chez la femme, par l’extirpation des ovaires, les modifications qu'entraine dans son organisme la cessation normale du fonctionnement de ces organes, d'avancer, en un mot, par des moyens chirurgicaux, une ménopause que la physiologie aurait encore fait longtemps attendre.
Il ressort, en effet, de l'observation de Lawson Tait que le but vers lequel tendent tous les efforts médicaux, la ménopause, qui doit assurer le salut de la malade, en mettant un terme aux hémorrhagies, se fait d'autant plus attendre qu’elle est plus désirée.
La présence dans l'appareil génital d’une production patholo: gique cause de si graves désordres n'est-elle pas suffisante pour expliquer ce retard indéfini de l’âge critique ? En outre, les modifications qu'apporte dans la tumeur le flux cataménial n’ont-elles pas sur la portion du système génital lésée un retentissement qui modifie son mode d'évolution normal ? N'y a-t-1l pas lieu, en un mot, d'admettre une influence réciproque entre les tumeurs utérines et le fonctionnement utéro-ovarien ?
Le principe qui a servi de base à l'opération de Battey est la AU EP
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connaissance des effets produits par la suppression des fonctions de l'ovaire sur les manifestations physiologiques et pathologiques de la vie génitale. |
Ilest d'observation banale que dans la plus grande majorité des cas la ménopause normale en supprimant l'hémorrhagie menstruelle supprime en même temps les hémorrhagies dues à la présence d'un fibrome utérin:il arrive que ces tumeurs se rétractent, diminuent et disparaissent même quand prend fin la fonction ovarienne : il suffit de jeter un coup d'œil sur les statistiques suivantes, pour se convaincre que les fibromes utérins ne se
manifestent que dans la période de l’activité utérine.
Statistique de Malgaigne. Statistique de Dupuytren. mm
De 20à 30 — 4 SE SE ; De 15àa20 — 1 Ages De 30 * 40 — 20 ie: De 20 à 29 — 10 | correspondant De 40 à 50 — 16 Ttérine De 30 à 39 — 19 à l’activité De 50 à 60 — 4 De 40 à 49 — 23 utérine, De 60 à 70 — 3 De 50à 59 — 3 De 70 à 74 — 4 De 60 — 1
Si, en ellet, tous les points ne concordent pas absolument, il en est un du moins sur lequel l'accord est parfait, c'est l'absence de symptômes de ces tumeurs après la ménopause.
Dès lors, en s'appuyant sur les données de la physiologie d'une part, de la statistique de l’autre, 1l est rationnel d'admettre que l’ablation des deux ovaires, en créant une ménopause artificielle, produira le même effet que la ménopause normale, c'est-à-dire la suppression des hémorrhagies et quelquefois la régression des tumeurs utérines et la disparition de tous leurs symptômes.
La ménopause chirurgicale répond-elle à l'espoir qu'on a fondé sur elle?
En d’autres termes :
1° Quelle est l'influence de l'ovaire sur la menstruation? (A)
2° La castration ovarienne entraîne-t-elle la disparition des règles ? (B)
(A) Sans vouloir entrer dans des considérations étendues sur la physiologie de l'ovaire, il nous paraît indispensable de nous arréter un instant sur le rôle que joue cet organe dans le phénomène de la menstruation.
On sait que les follicules de Graaf, incomplètement développés dans les premières années de la vie, atteignent leur forme définitive à une époque qui oscille entre 12 et 15 ans.
À partir de ce moment, la glande génitale devient chaque mois le siège du phénomène de l'ovulation ou chute de l'œuf : l’un des nombreux follicules de Graaf prend un développement plus grand que ses congénères, quitte la partie centrale de l'ovaire et se dirige vers sa surface : il s'ouvre à ce moment et laisse échapper l’ovule qu'il contient.
Les causes intimes de lovulation sont inconnues : pourquoi une seule vésicule arrive-t-elle à la maturité? Quel processus détermine la migration de telle vésicule plutôt que de telle autre? Pourquoi la périodicité de ce phénomène qui se reproduit tous les 27 ou 28 jours? Autant de questions irrésolues. Ce qu'il y a lieu de constater, c'est que ces phénomènes se traduisent par la menstruation et que l'écoulement du flux cataménial est synchrone de l'ovulation.
Quoique le lien qui rattache l’ovulation à la menstruation nous échappe, il est évident qu'il y a entre ces deux phénomènes une relation intime : les rares observations et les théories qui tendent à donner à chacun de ces phénomènes leur indépendance sont passibles des reproches qui leur seront adressés plus loin, et ne peuvent en aucune façon infirmer la loi générale.
Un premier argument est tiré de l’observation des faits dans la série animale. Si l’on fait l’autopsie d’une femelle à l’époque du