‹ La mensuration thoraciqueChapitre 14 sur 18 · APPLICATIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS CLINIQUES

Laënnec, qui introduisit dans le domaine de la clinique la mensuration périmétrique, lPutilisait surtout el presque exclusivement dans les pleurésies, soit pour constater la dilatation d’un des côtés de la poitrine, soit pour mesurer les rétrécissements du ‘thorax, consécutifs à certaines pleurésies. Par ce procédé, il avait simplement pour but « d'appuyer le résultat de l’examen fait à la simple vue, celui-ci étant plus sensible que la mensuration, » Comme il est facile de s’en rendre compte, Laënnec n’accordait à la mensuration périmétrique qu'une médiocre valeur ; selon lui, lorsque la mensuration accusait une différence d’un demi- -pouce entre les deux côtés, la dilatation thoracique était très DDiocble à l’œil; quand elle indiquait une différence. moindre, on n’osait en tenir compte parce que cette différence pouvait tenir à une erreur de la mensuration. Pendant longtemps les applications cliniques de ‘la mensuration vont rester les mèmes, soit en raison du jugement sévère porté par l’illustre clinicien du début

Fr 45 — du-xix° siècle sur \ce procédé physique d'exploration, et équivalant à une condamnation de la méthode, soit plus probablement à cause de l'insuffisance de la technique et du manque de précision des résultats obtenus. C’est Voillez, qui, par ses remarquables travaux et les perfectionnements apportés dans la technique et l’instrumentation, attire vraiment l'attention des cliniciens sur les renseignements que peut fournir, dans les diverses affections thoraciques, la mensuration périmétrique de la poitrine. Il est bien évident que la percussion et l’auscultation sont une source d’indications sûres et le

plus souvent suffisantes pour éclairer le diagnostic et permettre de suivre la marche de l'affection, ; mais quand il s’agit d'apprécier comparativement la forme et le volume des deux moitiés du thorax, les renseignements fournis par la vue sont nécessairement imprécis et d’une approximation variable selon la justesse du coup d'œil de chaque observateur. Or la mensuration redresse les erreurs que l'inspection et la palpation ont pu faire commettre, vient en aide à la percussion et donne souvent au diagnostic une grande précision. Les applications cliniques de la mensuration, très soigneusement étudiées par Voillez,se rapportent à trois ordres __ de phénomènes :

Les ampliations du thorax ;

Les rétrécissements ;

Les modifications de l’élasticité pulmonaire. Mais, pour arriver à des conclusions utiles, un seul examen ne suffit pas ; les différences individuelles très considé-

rables enlèvent aux chiffres toute valeur absolue. :

SAëT a

Il faut répéter les mensurations à de courts intervalles, de façon à constater les variations avec la marche de la maladie. | CPE

Voici d’ailleurs ce que dit, à ce sujet, M. Barth dans le chapitre « sémiologie de l’appareil respiratoire » du Nouveau Traité de Médecine de A. Gilbert et Thoinot.

AMPLIATION DU THORAX. — « Elle est tantôt générale, tantôt limitée à un seul côté.

« L’ampliation générale s observe au in de toutes les affections pulmonaires fébriles, en raison de l’hyperémie qui les accompagne. Très prononcée dans la bronchite, la ‘pneumonie, la congestion pulmonaire active (hémoptysie tuberculeuse) ou passive (péricardite, maladies du cœur), elle ‘existe également au début de la pleurésie, mais s’efface ensuite pour faire place à une

ampliation unilatérale. j

« On l'observe encore, bien qu’à un moindre degré, | dans les pyrexies, dans les fièvres éruptives à la période d’invasion, dans la fièvre typhoïde (surtout quand les accidents pulmonaires sont prédominants); elle est très accentuée dans la fièvre intermittente, pendant la période de frisson, à cause de la congestion viscérale qui accompagne l’anémie cutanée ; enfin elle atteint son maximum dans l'emphysème pulmonaire avec asthme et catarrhe bronchique. ; (xt L

« L’ampliation unilatérale est surtout manifeste dans | la pleurésie avec épanchement abondant, et parfois, comme on l’a dit, elle est assez considérable pour qu’on la constate à la simple vue; de deux centimètres dans

les cas moyens, la différence entre les deux demi-cir-

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