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se font non par une augmentation du périmètre thoracique, mais surtout par un changement: de forme de la poitrine, de sorte que l’on peut trouver un thorax augmenté, le périmètre restant le même,
Ces constatations cliniques dirigèrent les recherches de Chomel versun autre procédé de mensuration. Ayant remarqué que les modifications que subit la poitrine, sont toujours traduites par une marche dans le même sens de la part du diamètre antéro-postérieur, il fut naturellement conduit à donner à ce diamètre la plus . grande importance ; et c’est ainsi qu’il en vint à négliger le périmètre pour ne mesurer que ce diamètre. Puis, la clinique ayant mis sous ses yeux certains cas dans lesquels l'agrandissement se faisait surtout par l'augmentation des diamètres obliques, il en vint également à mesurer ces derniers.
Chomel substitue par conséquent la méthode des diamètres à celle du périmètre. Dans le but d'éviter l’erreur qui se produirait fatalement si l’on prenait ces mensurations tantôt dans le creux d’un espace intercostal et tantôt sur les arcs osseux qui le limitent, il avait dû renoncer au compas d'épaisseur ordinairé, et adopter des plaques terminales assez larges pour reposer toujours sur deux arcs costaux.
Deux méthodes sont déjà inventées : celle du périmètre et celle du diamètre. Le mérite d'avoir créé la troisième, celle des graphiques, semblerevenir à Humbert. - Son hybomètre, en effet, était destiné à reproduire la périphérie du tronc, et c’est ainsi qu’il étudiait les dé-
viations de la colonne vertébrale.
PS
DANS Re ne
Bouvier, 8 RSR die cette nouvelle voie, s’ap-
plique à perfectionner la méthode graphique et vers la
fin de l'année 1836 fait connaître à l’Académie de médecine trois procédés pour reproduire la poitrine. Le premier est out à fait géométrique, nous n'en parlerons pas. Le deuxième est d’ ordre seulement pratique: c'est le moulage avec le plâtre, qui ne saurait entrer dans la pratique médicale proprement dite. Le troisième, lui, relève complètement de la méthode de la section ; c’est un procédé essentiellement graphique. Il est pratiqué à l’aide d’un instrument constitué par un ovale en bois, traversé dans tout son pourtour par des tiges mobiles se touchant latéralement. Or, si nous supposons le thorax placé au centre de cet ovale, on comprendra eomment en poussant chaque tige au contact du thorax, ; leur extrémité intérieure donnera une courbe continue, qui reproduira la forme de la poitrine.
Le stéthomètre de Bouvier entre donc, à n’en pas
douter, dans la méthode graphique.
LE Voillez, par ses intéressants travaux, inaugure la deuxième étape de la division que nous avons établie
précédemment. Vers 1850, époque à laquelle il entreprit
ses recherches, sur la mensuration thoracique, les trois méthodes étaient créées, comme nous l’avons déjà vu. Il est intéressant, par suite, de savoir comment il apprécia chacune d’ elles et de quel côté allèrent ses préfé-
rences. Il nous le dit lui-même dans l'exposé qu il fitde
ses travaux, vers 1857, devant l’Académie de médecine.
« Tel est le côté véritablement utile de la mensuration de la poitrine. Mais ces principes une fois établis, quelle méthode employer? Il faut nécessairement tenir compte à la fois des modifications de certains diamètres et du
contour circulaire ou périmètre du thorax, si l’on veut obtenir des données suffisantes. Or, on ne peut songer à se servir d'un ruban gradué et d’un compas d'épais-
seur sur un même malade. Ce serait simplement rendre
la mensuration impossible, car elle ne peut être utilisée
que si le procédé en est simple, d'un emploi facile, et
s'il fournit simultanément toutes les données utiles.
« Ces conditions me paraissent remplies par l’instrument de mensuration que j'ai l'honneur de communiquer à l’Académie... Il n’est guère plus embarrassant qu’un ruban gradué ; son application est des plus simples ; et non seulement il donne à la fois le périmètre circulaire du thorax et tous ses diamètres, mais encore : il prend exactement l’empreinte des courbes de la poitrine, et en fournit sur le papier des tracés qui permettent de comparer d’un coup d'œil les changements survenus dans la capacité thoracique à des époques plus ou moins rapprochées. »
Ce que Voillez poursuivait dans ses recherches, c’est donc un procédé donnant en même temps certains diamètres et le contour circulaire, et ces deux indications seulement ; or il arriva que le procédé auquel ils’arrêta, outre ce double résultat, lui en donna un troisième, celui de lui permettre « de comparer d’un seul coup d'œil les changements survenus dans la capacité thoracique ». Il est cependant facile dese convaincre que ce dernier reste toujours secondaire dans l'esprit de Voillez, et que ce qui continua à préoccuper le plus ce cliniciendistingué, ce furent les diamètres et les périmètres. Après avoir exposé son procédé et discuté la valeur de ses indications, il résume l'utilité de ses applications dans un alinéa qui ne saurait laisser aucun doute.
« En définitive, la mensuration avec le cyrtomètre n’a que deux choses à constater: les diamètres vertébroantérieurs, et le périmètre de la poitrine. »
* Ainsi, on le voit, tout en étant arrivé à la section tho-
CNAB
racique, et en ayant signalé son utilité, Voillez n’en reste pas moins, comme un clinicien, partisan de la méthode des diamètres et du périmètre. Pour lui, le mérite de son procédé, c'estsurtout de donner ces deux indications simultanément. L’instrument qu'il a inventé pour obtenir ces données et qu’il appelle le cyrtomètre, sera décrit, ainsi que la façon de s’en servir, dans le chapitre réservé à la technique. |
Voillez lui-même nous met en garde contre une cause d’erreur dans l’interprétation des résultats donnés par la méthode des diamètres. Cette cause est la croyance que l’on a de l’indépendance des deux côtés de la poitrine. Pour savoir si une affection a augmenté un hémithorax, on le compare à l’autre que l’on suppose avoir conservéses dimensions normales; « or, dit Voillez, les deux côtés participent d’abord l’un et l’autre à l’ampliation ; et c’est d’une manière secondaire, et encore dans certains cas seulement, que le côté affecté se dilate plus que l’opposé. »
Puis, pour prémunir les cliniciens contre une autre: erreur: la mensuration ne saurait devenir un moyen de diagnostic proprement dit... il ajoule : « Ce procédé d'examen n’a rien de pathognomonique ; ce n’est qu’un moyen de faire suivre la marche souvent cachée de la maladie, par suite d'établir son do et parfois même d'instituer son traitement.
À propos de la discussion sur les modes d’ampliation et de rétrocession de la poitrine, suggérée par les divers tracés que lui fournit le cyrtomètre, Voiilez arrive aux deux conclusions suivantes : En
. «1° L’ampliation thoracique peut être caractérisée par le seul refoulèment en avant de la courbe antérieure de la poitrine, sans que son étendue circulaire soit changée ; il |
«2 L’ampliation peut être caractérisée par une augmentation absolue de l’étendue circulaire (ou périmètre général), qu’il y ait ou non ræfoulement en avant de la courbe antérieure en même temps.
« La rétrocession de la poitrine se fait d’une manière inverse. »
Or, ce refoulement en avant de la courbe antérieure se reconnait soit par l'agrandissement du diamètre vertébro-sternal, soit par celui du diamètre vertébro-mammaire, soit enfin par celui des deux à la fois ; et la
« rétrocession » par la diminution des mêmes diamètres. + Quant à l'augmentation absolue de l'étendue circulaire, elle est constatée par le périmètre.
« Ces trois diamètres (les deux vertébro-mammaire droit et gauche etle vertébro-sternal)sont donc les seuls qui soient importants. »
En résumé, nous voyons que Voillez, elinicien comme Chomel, est resté partisan de la méthode des diamètres. Il y joint cependant celle du périmètre, et l’avantage de son procédé de mensuration, il le trouve surtout dans la réunion de ces deux méthodes.
Les graphiques ne lui ont servi qu’à redresser des erreurs de clinique et à lui faire mieux comprendrel’utilité des diamètres.
En 1870, parut la thèse de Moine sur les « modifica-
tions de formes et de dimensions que subit le thorax Dangles 2
dans la pleurésie aiguë ». Pour sestecherches cliniqués, l’auteur a accepté la méthode de Voillez sans la modifier. Souvent même, il s’est contenté du ruban métrique. « Dans la pratique, nous préférons le ruban gradué au cyrtomètre. Il est plus facile à se procurer et d’une application plus commode. Les données” qu'il fournit suffisent dans la grande majorité des cas; etce n’est qu'exceptionnellement qu'il est indispensable de recourir au cyrtomètre, |
« En effet, nous avons constaté que le périmètre thoracique augmente toujours d’une manière absolue, quel que soit d’ailleurs son changement de forme ; et c’est cette augmentation seule qui peut donner au praticien des renseignements utiles.»
Donc, au point de vue technique, Moine, dans son travail, reste attaché aux deux méthodes du périmètre et des diamètres ; on pourrait presque dire à la méthode des périmètres d’une manière à peu près exelu-
sive.
JL
Avec la thèse de Fourmentin, en 1874, deux idées nouvelles apparaissent, qui marquent la troisième étape. Ce sont : l’application des indices à la mensuration de la poitrine et l’appréciation dela section thoracique.
En effet, tandis que Chomel, et après lui, Voillez, avaient pour but, en faisant la mensuration des diamètres, d'étudier les modifications subies sous l'influence de la maladie par un même diamètre, Fourmentin, au contraire, mesurera les diamètres non pas pour avoir leurs dimensions réelles, mais seulement pour connaitre leurs rapports entre eux. Ayant admis avec ses prédécesseurs, que dans les déformations éprouvées par la cage thoracique, l’ampliation se faisait par l’allongement du diamètre antéro-postérieur, et souvent par le raccourcissement du transverse, et, au contraire, que la rétrocession s’effectuait par des modifications opposées, il pensa que, mieux que les dimensions réelles, la série des rapports entre ces deux diamètres lui permettrait d'apprécier le sens dans lequel se faisaient