‹ La mentalité primitiveChapitre 10 sur 333 · Dr Wangemann. Die Berlinev Mission im Zululande, p · texte numérisé non relu

Dr Wangemann. Die Berlinev Mission im Zululande, p

quand c'est une affaire de mémoire, leur paraît une étude facile et agréable. S'il faut raisonner, c'est un travail pénible1. » Une remarque tout à fait semblable a été faite chez les Barotse. « C'est l'arithmétique qui passionne nos garçons Zambésiens, comme les Bassoutos et en général les Sud-Africains. Ils ne connaissent rien au-dessus des chiffres; c'est la science des sciences, le critère indiscutable d'une bonne éducation. Connaissez-vous le labyrinthe de l'arithmétique anglaise avec son système vieilli, -mais d'autant plus vénérable, de poids et de mesures"? Nos Zambésiens s'en délectent. Parlez-leur livres, farthings, pences, onces, drachmes, etc. et leurs yeux brillent, leurs figures s'illuminent, et en un tour de main l'opération est faite, s'il ne s'agit que d'une opération... C'est curieux, comme la plus positive des sciences peut devenir une admirable mécanique. Seulement, donnez-leur un problème des plus simples, mais qui demande un peu de raisonnement, et les voilà devant un mur. « Je suis vaincu », disent-ils, et ils se croient dispensés de tout effort intellectuel. Je signale ce fait qui n'est nullement particulier aux Zambésiens2 ». — « Chez les Namaquas, s'il s'agit de calculer, il est extrêmement difficile de faire comprendre quelque chose aux enfants, tandis qu'ils se montrent des maîtres pour toutce qui peut s'apprendre mécaniquement, et qui n'exige ni pensée ni réflexion3. » — Pareillement, sur le Nigeiv Ç " « le Mossi ne sait pas rechercher le pourquoi des choses, \ et alors que les petits enfants de chez nous sont raisonj neurs et nous embarrassent parfois par leurs questions, Q un Mossi ne se demande jamais : comment cela se fait-il ?

1. H. A. Junod. The life of a South African tribe, II, p. 152.

2. Missions êvangéliques, LXXVI, 1 (1901). p. 402-3. — Cf. Ibd., LXXVIl (1897), p. 346 (Béguin).

3. Berichte der rheinischen Missionsgesellschaft, 1880, p. 230. (Missionâr Schrôder. Reise nach dem Ngami-See).

Pourquoi est-ce ainsi et pas autrement ? La première réponse lui suffit.

« Ce manque de réflexion est cause de son retard dans la civilisation... D'où encore son manque d'idées. Les conversations ne roulent guère que sur les femmes, la nourriture, et, dans la saison des pluies, les cultures. Leur cercle d'idées est fort restreint, mais il est. susceptible de s'agrandir, car le Mossi peut être considéré comme intelligent *. »

Pour conclure en ce qui concerne ces sociétés africaines, nous prendrons les expressions mêmes du missionnaire YY. H. Bentley, qui a été un excellent observateur, et qui a cru pouvoir résumer son expérience en ces termes : « L'Africain, nègre ou bantou, ne pense pas, ne réfléchit pas, ne raisonne pas, s'il peut s'en dispenser. Il a une mémoire prodigieuse ; il a de grands talents d'observation et d'imitation, beaucoup de facilité de parole, et montre de bonnes qualités. Il peut être bienveillant, généreux, aimant, désintéressé, dévoué, fidèle, brave, patient et persévérant. Mais les facultés de raisonnement et d'invention restent en sommeil. Il saisit aisément les circonstances actuellement présentes, s'y adapte et y pourvoit; mais élaborer un plan sérieusement, ou induire avec intelligence — cela est au-dessus de lui2. »

Peut-être ne sera-t-il pas superflu d'illustrer cette incapacité de réfléchir par un exemple concret. Je l'emprunterai à Bentley lui-même. « Les indigènes de la côte manifestèrent tout d'un coup un vif désir d'apprendre à lire et à écrire... Nous mîmes fort longtemps àen trouver la raison.

« Les indigènes, quand ils apportaient leurs produits à la côte pour les vendre, les amenaient au magasin d'achat,

1. P. Eugène Mangin. P. B. Les Mossi. Anthropos, X-XI. p. 3^5.

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