‹ La mentalité primitiveChapitre 9 sur 333 · R. Moffat. Ibd., p · texte numérisé non relu

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aujourd'hui ? » Le païen tire alors son morceau de bois et reproduit une idée après l'autre, en se guidant sur les entailles *. »

Cette tendance à substituer le souvenir au raisonnement, toutes les fois qu'il est possible, se manifeste déjà chez les enfants, dont les habitudes mentales se modèlent naturellement sur celles de leurs parents./On sait que les enfants indigènes, partout où les missionnaires ont réussi à faire vivre des écoles, apprennent à peu près aussi vite et aussi bien que ceux de nos pays, du moins jusqu'à un certain âge, où leur développement devient plus lent, puis s'arrête. ~Le pasteur Junod, chez les Thonga de l'Afrique australe, a fait la remarque suivante : « Les enfants réussissent mieux quand il s'agit d'un effort de mémoire, et cela explique pourquoi ils sont beaucoup plus à leur aise quand ils apprennent les poids et mesures anglais, avec leurs opérations compliquées de réduction, que si on les met au système métrique qui paraît tellement plus simple et plus rationnel. Le système anglais exige que la mémoire conserve très exactement le rapport entre les différentes mesures, yards, pieds, pouces, gallons, pintes, etc., mais une fois qu'on en est maître, le travail devient purement machinal. C'est ce qu'il faut aux indigènes, tandis que dans le système métrique il y a une idée unique qui anime ie tout, et un minimum de raisonnement est indispensable pour s'en servir.

« C'est précisément la nécessité de ce minimum qui explique l'impopularité du système métrique parmi nos élèves indigènes, et la difficulté est décuplée pour eux quand ils arrivent à des problèmes, et qu'ils doivent les résoudre sans qu'on leur dise si c'est une addition qu'il faut faire ou une soustraction. Par suite, l'arithmétique,

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