MONSTRA ET PORTENT A
l'accouchement, ou s'il naît des jumeaux, c'est un grand malheur. Ce malheur arrive-t-il pourtant, une véritable terreur règne; tout le monde s'enfuit, car on craint que, à la seule vue de l'accouchée, le corps ne se mette à enfler, et qu'on ne doive alors mourir1. »
Mêmes pratiques en Afrique orientale anglaise, provenant des mêmes croyances. « L'enfant qui naît les pieds en avant est étouffé. La raison que les indigènes en donnent est que, si on laissait vivre l'enfant, leurs récoltes périraient toutes par la sécheresse, leur bétail mourrait, et beaucoup d'autres malheurs fondraient sur eux2. »
Chez les Wawanga, « si une volaillejpond la nuit, on la tue et on la mange : autrement, on croit qu'un des enfants de la cabane tomberait malade3. »
Dans une île du Victoria Nyanza, « les jumeaux aussitôt après leur naissance sont mis dans un vase d'argile et exposés dans une vallée... Les enfants qui percent leurs incisives d'en haut les premières doivent être tués aussitôt que ce fait est venu à la connaissance de tous, car on croit qu'autrement ils seraient une cause de malheurs pour le village... D'ailleurs, on n'expose ni ne tue les vieillards, les infirmes, les fous, ni même les criminels 4. »
Chez les Hottentots, en Afrique australe, « si des poules se mettent à chanter comme des coqs, on les attrape, et on les tue, ou bien on les poursuit à mort. Si on ne le fait pas, leur maître mourra sûrement 5 ». — « Si une chèvre, dit
1. Fùlleborn. Das deutsche Njassa und Ruwiunagebiet. Deutsch Ost Afrika, IX, p. 353-4.
2. Gap. Barrett. Notes on the customs and beliefsof the Wa-Giriama, etc. British East Africa J. A. !.. XLI, p. 22, 32.
3. K. H. Dundas. The Wavanga and other tribes of the Elgon district. British East Africa. J. A. I., XLIII, p. 47.
4. Franz Paulssen. Rechtsanschauungen der Eingeborenen auf Ukarra. Bâssler-Archiv., IV, (1913), I, p. 41.