D. Livingstone. Last jour nais, I, p
tombeau royal entouré d'un petit village,... je trouvai un enfant dont les incisives supérieures avaient poussé avant les inférieures. Son père, désireux de le soustraire au sort terrible qui attend de tels enfants, l'avait caché pendant huit ans. Mais un ennemi dénonça la chose à Kalonga, prétendant que cet enfant était la cause des maladies et des morts survenues dans le village... Quand je vis le père, je lui dis de nous amener son enfant le plus tôt possible. Hélas! quelques jours plus tard, le pauvre père désolé venait nous annoncer que Ton avait jeté son garçon au lac, après l'avoir étranglé1. » Un autre missionnaire nous dit : « Un kinkula inspire presque autant de frayeur aux nègres qu'un kica (esprit d'un mort). On appelle kinkula un enfant qui perce les dents du haut les premières. C'est un enfant de malheur. Sa destinée inéluctable, s'il devenait grand, serait de conduire toute sa famille à sa perte. C'est pourquoi on s'en défait sans pitié et tout de suite. D'ordinaire, ce sont les vieilles femmes qui s'en chargent... et cela se pratique sûrement encore aujourd'hui en secret.
« ... Dans d'autres tribus, par exemple à l'est du lac Nyassa, on redoute et on tue les jumeaux comme les kinkula 2. »
Le major Delhaise a observé, à plusieurs reprises, les mêmes faits chez les populations voisines qui habitent le k Congo belge, et la description qu'il en donne s'accorde avec les précédentes.
« On appelle Kiliba (Kiliba-Kitabwa), Kinkula (Kilemba) les enfants dont les dents supérieures poussent les premières. Ce sont des enfants de malheur; souvent on les tue, soit en les jetant à l'eau, soit en les exposant la