‹ La mentalité primitiveChapitre 103 sur 333 · A et E. Jalla. Pionniers parmi les Marotse, p · texte numérisé non relu

A et E. Jalla. Pionniers parmi les Marotse, p

2. P. Aloïs Hamberger. Nachtrag zu den religiôsen Ueberlieferungen und Gebrauchen der Landschaft Mkulwe. Anthropos, V (1910), p. 803.

MONSTRA ET PORTENTA 165

nuit aux fauves. C'est la mère elle-même qui, honteuse d'une telle progéniture, s'acquitte de cette besogne. Parfois, elle en charge une mégère quelconque. Parfois, l'amour maternel l'emporte et l'enfant est gardé. Il est vendu par la suite comme esclave. C'est lui qui est cause de tous les malheurs qui arrivent dans le village : il a le mauvais œil... Le père d'un Kiliba est à chaque instant bafoué. On lui reproche d'avoir engendré un Kiliba l. » Tout près de là, chez les Wahorohoro, « si ce sont les dents supérieures qui apparaissent les premières, le soir, la mère porte son enfant au bord de la rivière, où elle l'abandonne. La nuit, il est emporté parles fauves qui viennent boire. Si la mère cachait son enfant, "il serait chassé, non seulement du village, mais de tout le pays, et ne pourrait vivre que là où l'histoire de sa naissance (sic) ne serait pas connue. Comme chez les Wabemba, ce réprouvé s'appelle Kiliba. La superstition attribue au Kiliba tous les malheurs qui arriventdans le village. Les indigènesdisent que chaque fois qu'un Kiliba perd une dent, un de ses proches parents meurt. Le père d'un Kiliba est en butte aux reproches amers des membres de sa famille, qui l'insultent parce qu'il a amené un Kiliba dans la parenté2. » — Enfin, chez les Warega, l'enfant n'est plus sacrifié, mais il est traité en paria. « Lorsque les dents supérieures apparaissent les premières, la mère consternée avertit son mari. Celui-ci appelle tout le monde pour faire constater le fait. C'est un malheur pour le village: l'enfant est appelé dino. On construit immédiatement une maison isolée pour le réprouvé; il ne peut plus habiter avec les autres. Il en sera ainsi toute sa vie. Sa nourriture est préparée à part, personne ne peut manger avec lui.

1. Delhaise. Noies ethnographiques sur quelques peuplades du Tanganika. (Wabemba), p. 8-9.

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