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Devenu grand, il se mêle à la société, mais est toujours bafoué et insulté. Le plus souvent, oette situation influe sur le caractère; il devient sombre et misanthrope. La femme qui consent à vivre avec lui subit le même sort. Le dino ne peut toucher aux graines préparées pour être plantées, sinon, la récolte serait perdue. De même il ne peut manger des bananes d'une plantation en plein rapport, sinon, tous les fruits pourriraient. Bref, il a le mauvais œil1. »
Le rapprochement de l'enfant anormal avec le mauvais œil est instructif. L'enfant qui a percé ses dents du haut les premières a révélé par là qu'il est, comme le jettatore, porteur d'un principe nocif dont les effets se font sentir sur ceux qui l'entourent. Pour se protéger contre lui, on le supprime, ou, dans certaines tribus, on se contente de l'éloigner ou de l'isoler. Le traitement qu'on fait subir à ces enfants anormaux, ou jugés tels, semble aux Européens une cruauté affreuse, dénaturée. Mais les indigènes ne comprennent rien à ce sentiment d'horreur. A leurs yeux, il s'agit d'une mesure de sécurité publique : si le principe malfaisant n'est pas mis hors d'état de nuire, la misère, la maladie et la mort vont se déchaîner. On ne saurait donc hésiter. Mais plutôt que de tuer le malheureux enfant, on le donnera aux Arabes. Il suffit que le groupe social n ait plus aucun contact avec lui.
Il arrive que rien ne trahisse d'abord la présence de ce principe malfaisant chez un homme. Sa naissance, sa dentition, etc., ont été normales, et c'est avec le temps seulement que sa véritable nature se révèle. « Chez les Kitui,