‹ La mentalité primitiveChapitre 115 sur 333 · Rev. J. Macdonald, Africana, II, p · texte numérisé non relu

Rev. J. Macdonald, Africana, II, p

Même sollicité et provoqué, le songe peut faire défaut. La mentalité primitive aura donc aussi recours à d'autres procédés de communication avec les puissances du monde invisible. Le plus simple et le plus efficace de ceux-ci est l'interrogation directe, toutes les fois qu'elle est possible. On en use avec les morts, dont les participations avec le groupe des vivants ne sont pas toutes rompues, et en particulier avec les nouveaux morts. Ceux-ci, en général, ne se sont pas éloignés. La présence du corps, soit dans la maison mortuaire, soit dans les environs, soit dans sa tombe toute fraîche, équivaut à celle même du défunt. Si donc on a intérêt à savoir quelque chose de lui, on le lui demandera. Sans doute il ne parle plus. Mais il entend encore, et il y aura bien des moyens de recueillir sa réponse.

L'interrogatoire peut avoir lieu même avant que la mort, comme nous l'entendons, soit complète, c'est-à-dire dans cet intervalle où « l'âme » hôte du corps, l'a déjà quitté, tandis que le mourant n'a pas cessé de respirer, ni son cœur de battre. Aux yeux des primitifs, ce mourant est, comme on sait, déjà mort, et ainsi s'expliquent tant d'enterrements hâtifs de malheureux encore vivants. «Quand un malade est sur le point de mourir, toute sa famille s'assemble, et il n'est pas permis de faire du feu dans la maison, crainte d'effrayer le tabaran (esprit). Les indigènes croient que le malade est ongi (possédé par un tabaran) et ils lui font toutes sortes de questions. Les réponses sont communiquées par la voix du mourant, mais c'est le tabaran qui parle, et non pas lui. On lui demande : « Qui «es-tu? Qui t'a ensorcelé?Réponds vite, ou on va te brûler1. »

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