J. Dawson. Australian abbrigines, p
même du nouveau mort, ou simplement envoyée ou dirigée par lui? Il est difficile de le dire, ne serait-ce qu'à cause de l'embarras inextricable où l'on se jette, quand on emploie le mot « âme » pour exprimer les représentations collectives des primitifs. Aussi bien, pour l'objet qui nous occupe, n'est-il pas nécessaire de choisir entre ces hypothèses. Il suffit que, dans l'esprit des indigènes, la fourmi remplisse le même office que le ver. Celui-ci, à n'en pas douter, participe étroitement au corps d'où il tombe. La direction qu'il prend répond à la question que les survivants ont posée au nouveau mort.
Parfois on attendra cette réponse pendant des mois. « On transporte le corps de camp en camp pendant une longue période, qui peut durer des mois, jusqu'à ce que le mort révèle à son frère, ou à son oncle, etc., qui Ta « condamné » (doomed) et l'a fait mourir. S'il persiste à se taire, ses parents le découvriront eux-mêmes. Ils se serviront pour cela d'une ficelle faite avec des poils enlevés au cadavre. En même temps qu'ils roulent cette ficelle et qu'ils la tirent le long de leur cuisse, ils prononcent à haute voix les noms des personnes qu'ils soupçonnent : le nom prononcé au moment où la ficelle casse est celui du coupable1. » Le procédé ainsi employé équivaut à un interrogatoire du défunt. On sait que, pour la mentalité primitive, les cheveux et les poils, comme la salive, les rognures d'ongles, les excréments, les restes d'aliments, etc., font partie intégrante de la personne. La ficelle faite des poils du mort « participe » donc de lui, exactement comme le ver sorti de son cadavre. — Dans une tribu voisine (Brisbane district), c'est aux os2
1. W. E. Rolh. North Queensland Ethnograpky. Bulletin 9, n» 4.