O. Finsch. JVeu Guinea und seine Bewohner, p
déterminé qui guidait les hommes, croyait-on, vers la maison'dueoupable. S'ils perdaient le bon chemin, ce kitoto les attendait, et ne se lassait pas de les appeler, jusqu'à ce qu'ils le rejoignissent. Finalement, il les conduisaità une maison qui était, sans aucun doute possible, celle du malfaiteur1. »
Le succès de l'opération, comme on voit, dépenddo l'emploi du crâne, et cet emploi est réservé aux hommes d'un certain clan, membres d'une certaine confrérie! Le crâne n'est pas un instrument que le premier venu puisse manier. D'autre part, la présence en lui d'un mort puissant n'est peut-être plus l'objet d'une représentation explicite, mais elle est encore vivement sentie.
Dans des sociétés un peu plus élevées, la consultation des morts, qui a lieu souvent par le moyen des songes, prend aussi d'autres formes, où l'on s'adresse directement au mort que l'on veut intéresser à une entreprise, sans que sa présence ait besoin d'être matériellement réalisée par son corps ou son crâne. On apportera au mort une offrande, en l'évoquant, etonlui parlera comme s'il était là. Les faits de ce genre sont quotidiens. Les tiers qui en sont témoins n'y prêtent aucune attention, accoutumés qu'ilssontàenuserdemêmedans desoccasionssemblables. L'intervention des êtres invisibles dans leurs affaires leur parait la chose du monde la plus naturelle. Au Cameroun, « dans la nuit noire, le Jaundese lève de sa couche : il a vu en rêve un des siens qui est mort, qui lui a fait des communications importantes, et qui est rentré ensuite dans le royaume des ancêtres. Mais le langage du tambour parvient mêmeau totolan (royaume des morts) . Ilsaisit son tambour, ou même monte jusqu'au grand tambour du village, et il se met à « causer » avec le mort. Les autres se rendorment
i. A. C. Haddon. Ibd., p. 91-2.
tranquillement, quand ils ont entendu que la communication n'intéresse pas les vivants K »
Chacun regarde donc comme indispensable, s'il entreprend quelque chose, d'être sûr d'abord que les morts influents du groupe social y sont favorables. « Quand un homme a l'intention de partir pour une expédition, il va trouver le chef de son village, et il le lui dit. Le chef présente une offrande à l'esprit de son prédécesseur. Cette offrande consiste en un peu de farine, qu'il verse tout doucement à la tête de son lit, ou bien il peut aller pour cela à la vérandah de la maison de son frère qui est mort. En versant l'offrande, il récite ces mots : « Mon fils est venu, « il part en voyage. Eclaire ses yeux, veille sur lui pendant « son voyage, escorte cet enfant, puisse-t-il revenir la tête « intacte ! Je t'en prie, je t'en prie, qu'il entreprenne ce « voyage, et qu'il réussisse ! »
« Si la farine, en se déposant, ne prend pas la forme d'un cône avec une pointe fine, c'est un mauvais présage, et le départ est ajourné. On a recours alors à l'oracle* au devin, qui explique pourquoi le présage a été mauvais. On dira probablement à cet homme de recommencer l'épreuve. Si cette fois le cône se forme comme il faut, alors il est évident que le dieu (le mort) voulait simplement que l'homme attendît un jour ou deux avant de partir, et sans doute il avait une bonne raison pour cela. Mais si le cône refuse encore de se former, on a de nouveau recours à l'oracle. Celui-ci se met à l'œuvre, et trouve qu'un parent mort est cause de cette obstruction, etc. 2... »
« Tout n'est pas réglé quand le cône de farine s'est formé avec une belle pointe. Ce premier signe ne suffit pas. Le chef recouvre alors le cône de farine avec un pot,
1. Nekes. Trommelsprache und Fernruf bei den Jaunde und Duala, Mitteilungen des Seminars fur orientaLische Spraclien, XI, Abt, III, p. 7S.