Rev. J. Macdonald. Africana, I, p
et le laisse ainsi toute la nuit. Pendant son sommeil, il peut avoir un rêve au sujet du voyage, et cela décidera de la conduite à suivre. En cas contraire, il va voir son offrande de bonne heure, dans la matinée, Si le cône s'est écroulé d'un côté, s'il n'a plus sa pointe, le présage est défavorable. On jette la farine dans la brousse. L'esprit du mort s'est opposé au voyage, et il ne saurait plus en être question. On en appelle alors à l'oracle. Mais si la farine a conservé sa forme, le présage est heureux : la divinité a accepté le présent et accordé la requête. Le chef du village dit à l'homme de partir en toute confiance1. »
Au lieu de farine, dit M. Macdonald un peu plus loin, on peut se servir de bière, à la fois comme offrande et comme oracle. « Si, lorsqu'on la verse par terre, elle ne forme qu'une tache, comme sur un sol sablonneux, c'est que le dieu l'accepte ; si elle se répand au contraire sur le sol (sans y être absorbée en un seul endroit) le présage est défavorable2. » Ce qu'il advient de l'offrande fait en même "temps connaître la réponse du chef mort à ce qu'on lui a demandé.
Dans ce cas particulier, l'indigène qui veut partir ne consulte pas un de ses propres ascendants. Il va faire part de son projet au chef du village, et celui-ci s'adresse luimême à son prédécesseur qui est mort. Ce n'est pas seulement parce que ce chef mort est un protecteur puissant dont le voyageur peut avoir besoin. En vertu de l'étroite solidarité du groupe social, rien de ce que risque un de ses membres n'est indifférent pour les autres. Il peut arriver à celui qui est parti en voyage telle ou telle aventure qui entraînera pour sa famille, pour son clan, pour sa tribu, les responsabilités les plus lourdes, et le groupe n'aura pas le droit de s'y soustraire. Il n'est donc pas permis à un
i. Ibd., 79-80.