‹ La mentalité primitiveChapitre 131 sur 333 · LES OSSELETS · texte numérisé non relu

LES OSSELETS

commelechef du missionnaire Macdonald, « J'en rêverai ». Il fera venir un jeteur d'osselets, et il saura par eux ce que les ancêtres conseillent.

Les révélations fournies par les osselets, et par les pratiques divinatoires en général, procurent ainsi aux primitifs la seule extension de leur expérience qu'ils soient en état d'apprécier ou même de concevoir. Elle est nécessaire, puisque, sans elle, bien souvent ils ne sauraient que faire. Elle est suffisante, puisqu'elle leur révèle avec certitude ce que les puissances invisibles ont résolu, ou ce qu'elles veulent qu'on fasse. Les osselets « parlent » ; il n'y a qu'à recueillir ce qu'ils disent. C'est à quoi les indigènes sont occupés continuellement. « Ces pratiques, dit M. Junod, tuent in ovo toute tentative sérieuse d'user de la raison ou de l'expérience dans la vie pratique. Les docteurs indigènes auraient pu arriver à une connaissance utile et bienfaisante des propriétés médicinales des plantes, s'ils les avaient étudiées convenablement. Mais à quoi bon prendre la peine d'étudier, quand il suffit de jeter les osselets pour savoir tout de suite quelle racine il faut prendre pour guérir la maladie?1 »

Les indigènes ont beau savoir par expérience les propriétés de telle ou telle plante, cette connaissance ne leur donne pas l'idée de chercher quelles peuvent être celles d'une autre plante qui leur est familière. Car elles ne leur apparaissent jamais comme assez constantes pour que les effets produits ne dépendent pas plutôt des puissances invisibles que de ces propriétés mêmes. C'est donc toujours aux osselets qu'il faut en revenir. C'est eux qui donnent les informations les plus sûres. « Un jour, dit un missionnaire du Transvaal, je rencontrai dans un village quelques hommes occupés à jeter les osselets sur une

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