‹ La mentalité primitiveChapitre 135 sur 333 · A. B. Ellis. The ewe-speaking peoples, p · texte numérisé non relu

A. B. Ellis. The ewe-speaking peoples, p

2. Rev. J. H. Weeks. Anthropologie al notes on theBangala of the upper Congo river, i. A. I. XL, p. 391.

Chez les Zoulous, certaines pratiques divinatoires rappellent de très près ce que nous avons vu chez les Papous de la Nouvelle-Guinée. « L'usage est, dit Callaway, d'agiter une médecine dans un pot d'eau. On choisit deux médecines : l'une représente le chef, l'autre l'ennemi. Ces médecines sont placées dans des récipients différents. Si celle qui représente l'ennemi se met tout à coup à bouillir, tandis que celle qui représente le chef ne le fait pas, les Gafres regardent cela comme un signe que l'ennemi aura le dessus, s'ils l'attaquent maintenant, et on ne permet pas que l'armée aille à la bataille. On recommence l'épreuve à maintes reprises, parfois pendant des mois, ou même des années ; et on ne permet à l'armée d'aller à la bataille que lorsque le présage est retourné, quand le vase du chef bout, tandis que celui de l 'ennemi ne le fait pas ' . » Comme à la Nouvelle-Guinée, le consultant s'identifie avec l'instrument qui le représente, et l'avenir est senti comme déjà réel. Au moment même où la victoire est promise, elle est acquise. La bataille est gagnée : c'est chose réglée, et lorsque, quelques semaines ou quelques mois plus tard, elle aura lieu en effet, ce ne sera, pour ainsi dire, qu'une formalité. Callaway le dit en propres termes : « Voici comment un chef s'y prend avec son vase divinatoire : en général, il expose d'avance ce qu'il va faire avant que ce soit fait, en disant : « Telle chose arrivera, et vous ferez ceci, cela. » Ainsi en est-il quand une armée entre en campagne; les hommes attendent qu'un mot vienne du chef pour leur donner courage, afin qu'ils sachent à quelle espèce de gens ils vont avoir affaire (s'ils sont à redouter ou non)... Le chef leur dit ordinairement : « Vous ne ver- « rez même pas d'armée. Je vous le dis : j'ai déjà tué tel et « tel... Vous n'aurez qu'à capturer le bétail. Il n'y a plus

1. G. II. Callaway. Thereligious System of the Amazulu, p. 441 (note 25)

« d'hommes : ce ne sont plus que des femmes. » La parole du chef donne confiance à ses soldats. Ils disent : « C'est une « simple promenade : notre chef a déjà vu, dans son vase « divinatoire, tout ce qui arrivera1. »

Qu'il y ait dans le langage de ce chef et de ses guerriers quelque hâblerie, il est permis de le penser. Mais il y a sûrement autre chose. La preuve en est que jamais on ne se mettra en campagne avant que le signe favorable n'ait apparu. Il peut se faire attendre longtemps. Mais dès qu'il s'est produit, tout est gagné. L'ennemi ne sera pas battu ; il est battu. Le chef a déjà tué tel ou tel chef ennemi. Le coup de lance qui jettera par terre l'adversaire ne fera que parachever l'événement qui, dès à présent, est réel. Le langage que Callaway met dans la bouche du chef Zoulou exprime exactement ce que la divination signifie pour lui et pour son peuple.

La divination « par alternative » prend des formes variées. L'objet en demeure le plus souvent pareil : satisfaire le besoin de direction et de sécurité qui s'adresse, par des questions et des prières, aux puissances du monde invisible. Ainsi, dans l'île de Mangaia, en Polynésie, « le malin du jour fatal, le chef choisit deux belles coquilles d'an'n, une pour lui, l'autre pour son adversaire Koteateoru. Des instructions secrètes furent données à ses forces pour les cacher à un certain endroit. Les étroits sentiers entre les marais profonds furent interceptés. Gela fait, le chef retourna voir ses coquilles : à sa grande joie, celle qui représentait ses ennemis était tournée sens dessus dessous. Ce fut pour lui un présage

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