‹ La mentalité primitiveChapitre 136 sur 333 · lbd., p · texte numérisé non relu

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certain de leur perte1. » De même, en Nouvelle-Zélande, « pour prévoir l'issue d'une campagne, un jeune homme prend un certain nombre de baguettes égal à celui des tribus belligérantes, il aplanit un certain espace de terrain, y plante les baguettes comme des quilles sur deux lignes parallèles représentant les deux armées en présence, et s'éloigne un peu en attendant l'effet que produira le vent. Si les baguettes qui représentent l'ennemi tombent en arrière, l'ennemi sera culbuté; si c'est en avant, il sera vainqueur; si c'est obliquement, la victoire demeurera incertaine2. » Parfois, la question est posée directement, en termes exprès. Dans l'île de Motu, au moment de combattre, « le chef saisit son doigt du milieu [natugii) et dit, en le tenant avec l'autre main : « Natugu, 'natugit, « faut-il partir ou faut-il rester? » 11 tire le doigt, et s'il entend un craquement, il reste chez lui ou bat en retraite. En cas contraire, il avance3. » Les faits de ce genre, sous toutes les latitudes, sont extrêmement nombreux.

La divination porte sur des événements futurs de toute sorte : si un malade guérira, de quel sexe sera un enfant qui va naître, si la moisson sera bonne, si la pluie viendra, etc. Mais souvent elle sert aussi à découvrir simplement quelque chose de caché, ou à obtenir un renseignement important sur un fait déjà passé. Par exemple, on voudra savoir si un voyageur qui n'a pas donné de ses nouvelles depuis longtemps est en bonne santé, où se trouve un objet perdu, s'il a été égaré ou volé, qui a commis un acte dont souffre le groupe social, de quel côté il faut chercher une bête qui a disparu du troupeau, etc. Or, il est remarquable que les procédés employés

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