‹ La mentalité primitiveChapitre 142 sur 333 · H. Newton, In far New-Gui?iea, p · texte numérisé non relu

H. Newton, In far New-Gui?iea, p

toire, afin que les esprits cessent d'être fâchés contre nous1. »

Il est donc difficile aux primitifs de vivre ailleurs que surle terrain qui fait partie, si l'on ose dire, de leur groupe social. Il ne Test pas moins de se battre ailleurs. Ainsi, en Nouvelle-Zélande, « quel que soit le courage qu'une tribu peut posséder quand elle est sur son propre territoire, il s'évanouit quand elle le quitte, et ils n'hésitent pas le moins du monde à avouer qu'il en est ainsi... ils craignent des surprises et des attaques de tous les côtés *... » Le fait est général et les observations analogues très nombreuses.

En vertu de la même participation, l'homme qui estéloigné pour toujours du sol où vit son groupe social cesse d'en faire partie. Ilestmortpourlui, — plus mortque s'il avaitsimplement fini de vivre et reçu les honneurs funèbres accoutumés. C'est le cas des prisonniers de guerre qui ont été épargnés, et adoptés par la tribu qui les a capturés. De même, l'exil perpétuel équivaut à la mort. A Vura (îles Salomon), « un chrétien, dans un mouvement de fureur, avait frappé sa femme si brutalement qu'il lui avait brisé la mâchoire. Elle mourut en quelques heures. Cette femme, au témoignage même des siens, l'avait exaspéré, et avait porté continuellement contre lui des accusations injustifiées. Ils n'en voulurent pas moins, selon l'ancienne coutume, exercer une vengeance privée, et le tuer, mais les chefs intervinrent. Il fut jugé et condamné à la déportation perpétuelle. Cette sentence satisfit complètement l'opinion publique : les gens considérèrent qu'il serait mort pour eux3. »

Enfin, voici un rite symbolique africain qui laisse transparaître la relation entre le sol et le groupe qui y vit. « Quand un Ronga revient de Kimberley avec la femme

1. Berichte der rheinischen Missions gesellschaft, 1907, p. 137.

Page 1