‹ La mentalité primitiveChapitre 151 sur 333 · Th. Winterbottom, Ibd., I, p · texte numérisé non relu

Th. Winterbottom, Ibd., I, p

infaillible. L'indigène en est si convaincu que souvent il ne prendra aucune précaution avant de subir l'épreuve. Il n'usera pas du droit qu'il a de surveiller la préparation du poison, il n'examinera pas la dose pour voir si elle n'est pas trop considérable, le liquide trop épais, etc.. A quoi bon, puisque le breuvage n'agit pas matériellement, pour ainsi dire, mais spirituellement ? Q'on en avale un peu plus ou un peu moins, il n'importe. Ce n'est pas de cela que dépend le résultat de l'épreuve. « L'accusé, dit-on, a voix au chapitre dans le choix de celui qui broie le poison ; mais telle est la foi que l'on a dans l'ordalie, que les indigènes regardent comme un détail sans importance que le poison soit broyé par celui-ci ou celui-là \ »

Jusqu'ici, l'ordalie semble être un procédé magique, destiné à faire apparaître, sans doute possible, si un accusé est innocent ou coupable. L'usage, constant dans certaines sociétés, qui en est fait ainsi, a frappé l'imagination de la plupart des observateurs. C'est lui qu'ils mentionnent presque exclusivement, non sans exprimer en même temps leur surprise et leur indignation. Mais l'ordalie est employée aussi dans d'autres circonstances, où elle n'a plus rien de commun avec une procédure judiciaire. « Il n'est pas rare, dit Bentley, que les indigènes recourent à l'ordalie du poison pourdécider en d'autres matières. Unejeune femme, qui vit maintenant tout près de notre station de Wathen, avait bu le nkasa, il y a quelques années, pendant une maladie de son oncle, afin de découvrir s'il guérirait ou non. Elle n'avait que douze ans à ce moment-là 2. » Dans

i. Rev J. Macdonald. Africana, I, p. 204.

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