W. H. Rentley. Pioneering onthe Congo, I, p
DIVINATION PAR ORDALIE 251
la même région, l'ordalie par l'eau bouillante servait aussi à obtenir un pronostic médical. « Le docteur met sur le feu une marmite pleine d'eau et d'autres ingrédients, et, quand elle bout, il y plonge sa main nue, et l'en retire intacte, pour faire voir que c'est là un privilège réservé à son ministère ; ensuite il marmotte au-dessus de cette eau son maudit exorcisme, et comme s'il prétendait s'en faire obéir, il lui donne Tordre de dire si le malade doit mourir ou non ; alors, plongeant de nouveau la main dans l'eau bouillante, s'il l'en retire brûlée, c'est un présage de mort certaine ; si elle est intacte, il est sûr que le malade guérira \ » Dans ces deux cas, l'ordalie n'est-elle pas une forme de divination toute semblable à celles que l'on a vues au chapitre précédent, et ne doit-elle pas être interprétée dans le même sens ?
L'épreuve par le muavi peut aussi servir, comme les pratiques divinatoires, à sortir d'embarras dans une difficulté soudaine. Un homme comme on n'en a jamais vu, un blanc, se présente : qui sait de quoi il est capable, quels pouvoirs magiques il possède, et quelles calamités il peut apporter ? Faut-il le laisser mettre le pied sur le sol du pays ? « Lukengo avait assemblé un grand conseil de famille, et ensuite, au milieu d'un grand concours de peuple, il avait ordonné de faire prendre à un coq le poison ipomme : si le coq vomissait le poison, ce serait une preuve que je venais en ami ; mais si le coq mourait, il faudrait me traiter effectivement en ennemi2. » — « Quand tu vins pour la première fois, dit le roiLewanika au missionnaire Goillard, il y a dix ans, les Barotsi, soupçonneux de tes intentions, se hâtèrent de consulter les osselets, et d'administrer le muati (un violent poison) à
1. Cavazzi. IsLorica descrizione de'tre regnidi Congo, Matamba ed Angola, p. 82.