‹ La mentalité primitiveChapitre 153 sur 333 · H. von Wissuiann, Wollï... Im Innern Afrikas, p · texte numérisé non relu

H. von Wissuiann, Wollï... Im Innern Afrikas, p

une quantité de poules. Les unes moururent, les autres pas; d'où les messages ambigus qui te furent transmis. Ils n'osaient pas te défendre franchement l'entrée du pays, et pourtant ils avaient peur de te recevoir. Aussi s'évertuèrent-ils, par toutes sortes d'artifices, à te barrer le chemin, et à te décourager. Le manteau que tu m'envoyas alors, pas plus que les présents subséquents, je ne les vis Jamais. On les avait déclarés ensorcelés et on les arrêta en route l. » — On peut rapprocher de ces faits un autre tout semblable, observé dans l'Inde chez les Miris. « A l'arrivée du premier officier anglais que l'on eût jamais vu dans ces montagnes^ les augures, dans chaque village, tuèrent des volailles, en vue de s'informer, d'après l'aspect de leurs entrailles, si cette visite leur présageait bonheur ou malheur2. » En quoi ce cas diffère-t-il des précédents, sinon par la matérialité des procédés employés? Et si les pratiques divinatoires ont pour objet, comme on l'a vu, de prendre conseil des puissances invisibles et de leur demander aide et protection, tout en essayant de voir dans l'épreuve présente le succès futur, déjà réalisé, ne faut-il pas comprendre de la même manière l'ordalie qui remplit le même office ?

Pareillement, nous savons que les Dayaks de Bornéo ne commenceraient jamais à défricher un terrain, si le choix de l'emplacement n'était approuvé par des présages favorables. Mais, chez les Wakonde, « quand un homme veut se construire une maison quelque part, il a recours à l'oracle. Il fait prendre le mwai à un coq et à un chien. Si l'animal vomitle breuvage, l'endroit est considérécomme propice, et l'homme se met à l'ouvrage avec confiance 3. »

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