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poison, et pour apprendre à l'enfanta laisser les gens tranquilles. Cet oncle épousa une nouvelle femme : celle-ci avait un jeune frère, qui fréquentait mon école. Un jour, cet oncle vint me demander ce jeune garçon pour lui faire subir l'ordalie. Je refusai de livrer l'enfant pour un tel dessein, et j'ajoutai : « D'ailleurs, il n'est pas de votre « famille. (Je n'avais pas appris le mariage récent). — Si « fait, répliqua l'homme : j'ai épousé sa sœur et il est en « train de m'ensorceler par l'intermédiaire de sa sœur qui « est ma femme. Mon neveu, qui a bu le poison il y a « quelque temps, dit qu'il a passé le principe malfaisant à « mon jeune beau-frère. » Il ressort de là qu'un méchant garçon peut dire qu'il a transmis sa sorcellerie [witchcrafi) à un autre jeune homme, et lui causer ainsi les plus graves ennuis l. »
Dans une région voisine, habitée par les Balobo, on s'assure par une autopsie de la présence du principe malfaisant dans le corps du sorcier. « Nous connaissions fort bien, dit le missionnaire Grenfell, l'homme qui venait d'être tué pour crime de sorcellerie... Les siens poussèrent les hauts cris après sa mort, parce que l'accusateur ne réussit pas à trouver le principe malfaisant (witch), une sorte d'excroissance assez commune dans l'intestin, et qui passe pour un signe infaillible. Cette fois-ci on n'en put trouver la moindre trace, et le pauvre homme fut lavé du crime de sorcellerie 2. »
Bentley a vu lui-même des indigènes en train de disséquer un cadavre, pour y chercher l'organe qui, d'après eux, prouve que de son vivant l'homme était sorcier3. Cette pratique est assez répandue. Miss Kingsley l'avait