‹ La mentalité primitiveChapitre 162 sur 333 · Ibd., II, p · texte numérisé non relu

Ibd., II, p

observée aussi. « En beaucoup de districts de la côte Sudouest et du moyen Congo, il est d'usage, lorsqu'une personne meurt d'une façon que l'on ne s'explique pas, c'est-àdire sans effusion de sang, que l'on fasse l'autopsie du cadavre. Parfois elle révèle le chemin que le principe malfaisant a suivi à travers sa victime ; — en général, selon ce qu'on m'a rapporté, il dévore les poumons, — en d'autre cas, elle décèle le principe malfaisant lui-même, et elle démontre que le défunt entretenait en lui ce principe, en un mot, qu'il était sorcier1. »

Sans doute, il ne s'agit pas ici d'autopsies consécutives à l'ordalie. Mais la mort s'est produite cependant dans des conditions suspectes, et l'autopsie révèle, dans les cas mentionnés en dernier lieu, précisément ce que cherchaient les indigènes observés par Bentley. — De même, • les Pangwe, dit Tessmann, ne peuvent se représenter un principe que sous la forme d'un corps et même d'une personne : le principe malfaisant qu'ils appellent ewua. la forme d'un animal. De là, pour eux, un moyen « scientifique » de prouver si quelqu'un a été ou non un sorcier ; dans le premier cas, Yewu est là, dans le second, non. Ils obtiennent cette preuve par une autopsie en règle '. » Chez les Bangala, (ceux-là mêmes près de qui vivait le Rev. Weeks) « le mot ikoundou est difficile à traduire. C'est une sorte de pouvoir occulte dont dispose un individu ; mais, fait curieux, il est possible d'en trouver la trace matérielle à la mort de son possesseur. N'ayant jamais assisté à ce genre d'opération, j'ai interrogé les natifs sur la nature matérielle de Y ikoundou . Il m'a semblé que celuici doit être représenté par les calculs vésicaux, rénaux, ou biliaires3. »

Page 1