‹ La mentalité primitiveChapitre 165 sur 333 · C. Meinhof. Afrikanische Reltgionen, p · texte numérisé non relu

C. Meinhof. Afrikanische Reltgionen, p

amené au kraal de l'assassin \ » Souvent, avant de mourir, les prétendus sorciers sont mis à la question, et torturés pour leur arracher des aveux. Comment s'expliquer le paroxysme de haine qui pousse un frère ou un ami à de pareils actes, et qui les fait approuver du groupe social? D'où vient que l'épouvante causée par le « sorcier » est pour ainsi dire sans limites?

« Le mot sorcier, dit le bon observateur Macdonald, implique deux idées. La personne désignée par ce mot 1° a le pouvoir ou le savoir suffisant pour pratiquer les arts occultes ; 2° est adonnée au cannibalisme. Le second sens est celui qui domine... Les sorciers tuent leur victime pour la manger2. » M. Junod dit de même : « La sorcellerie est un des plus grands crimes que l'homme puisse commettre. Elle équivaut à l'assassinat ; elle est même pire que le meurtre, car une vague idée d'anthropophagie s'ajoute à la simple accusation de meurtre... Un sorcier tue des êtres humains pour se repaître de leur chair3. »

L'anthropophagie dont il s'agit ici est en quelque sorte mystique. Les victimes du sorcier sont dévorées par lui sans quelles le sachent. Elles ne lui servent pas d'aliments une fois mortes : elles meurent, au contraire, parce que le sorcier les a déjà « mangées ». M. Junod expose cette croyance dans les termes suivants : « Le sorcier entre dans le kraal ; il essaie de pénétrer dans la hutte par la porte, la trouve fermée... il s'envole au sommet de la hutte et descend de là auprès de son ennemi, qui dort tranquillement sur sa natte. Il procède alors à son maléfice, et le pauvre homme ensorcelé (bewitched) est condamné à mourir. « Il ne reste de lui que son ombre. » Ils disent

1. The Wesleyan missionary notices, IV (1846) (Lettre du missionnaire \V. Impey).

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