‹ La mentalité primitiveChapitre 169 sur 333 · J. Dawson. Australian abovigines, p · texte numérisé non relu

J. Dawson. Australian abovigines, p

et. — accompagné de son frère ou d'un proche parent mâle qui l'assiste en qualité de second, avec un bouclier lourd, un liangle et un boomerang, — on le place en face de la personne lésée et de ses amis, qui sont parfois au nombre de vingt guerriers. Ceux-ci se rangent à une distance de cinquante yards, et chacun d'eux jette sur lui quatre ou cinq lances et deux boomerangs, tous en même temps, « comme une averse ». S'il réussit à les parer, son second lui passe son bouclier lourd, et il est attaqué en combat singulier par ses ennemis, qui lui portent chacun un coup de liangle. Comme il faut que du sang soit versé pour que la partie lésée soit satisfaite, l'épreuve prend fin dès que l'homme est atteint. Alors sa blessure est pansée, tous se serrent la main et sont bons amis. Si la personne accusée refuse de comparaître et de subir l'épreuve, elle est mise hors la loi, et l'on peut la tuer : son frère ou son plus proche parent mâle est tenu pour responsable et doit subir l'ordalie à sa place. S'il se découvre que l'homme était innocent, ses proches ont le droit d'user de représailles sur la famille de l'accusateur, à la première occasion \ »

Dawson dit expressément que l'ordalie a lieu après que la culpabilité a été établie : elle ne saurait donc avoir pour objet de la prouver. Elle est néanmoins indispensable, et à tel point, qu'en l'absence du coupable on la fait subir à un autre membre de son groupe social, de préférence à son frère. Il faut noter enfin qu'aussitôt l'épreuve terminée, les adversaires qu'elle a mis en présence, et leurs amis des deux parts, sont réconciliés et animés des meilleurs sentiments les uns envers les autres. Les mêmes particularités ont été relevées par d'autres observateurs. Ainsi W.-M. Thomas écrit : « Il y a dans le caractère indi-

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