LA MAUVAISE MORT
de ceux qui ont péri par suicide, accident, mort violente, des femmes mortes en couche. Ils expliquent ces morts comme un châtiment infligé par les esprits pour une faute commise par celui qui a péri. Aucun culte ne se fonde là-dessus; ces cadavres sont seulement enterrés d'une façon particulière1 ». « Ceux qui violent les règles (adat) divines ou humaines, tombent dans l'infortune ou la maladie; si les esprits sont très irrités, ils font en sorte que les coupables soient tués dans un combat, ou par accident, ou se suicident ; s'il s'agit de femmes, qu'elles meurent en accouchant. Tous ceux qui périssent ainsi sont « morts d'une mauvaise mort ». On ne leur accorde pas une sépulture honorable i. » — Les circonstances de leur mort révèlent ce que le Dr Nieuwenhuis appelle leur culpabilité et, en tout cas, la colère des puissances invisibles contre eux. Celle-ci les poursuit par delà le tombeau. « Tous ceux qui meurent autrement que de maladie, perdent le privilège d'une sépulture honorable, et, en outre, d'après la croyance des survivants, ils ne jouissent pas de la vie future dans YApu Kesio. Les âmes des personnes assassinées, mortes par accident, ou suicide, tombées sur le champ de bataille, des femmes mortes en couches, des enfants mort-nés, arrivent par deux routes différentes à deux autres endroits, où elles doivent vivre désormais avec d'autres malheureux qui ont eu le même sort. Les cadavres de ces pauvres gens inspirent aux Kayans une horreur particulière : c'est pourquoi on les roule simplement dans une natte et on les enfouit3. »
Ces sentiments à l'égard de la « mauvaise mort » ne se rencontrent pas seulement à Bornéo. Ils sont fréquents dans les sociétés inférieures. A Buin (Bougainville), « quand