Ibd., I, p
un homme meurt en tombant d'un arbre, on pense qu'il a été tué par Oromrui (c'est l'esprit le plus redouté). Dans la presqu'île de la Gazelle, il est interdit d'enterrer un homme qui est mort ainsi, et on laisse le corps à l'endroit où la chute a eu lieu. A Buin, on le porte sur le bûcher dans l'attitude même où on l'a trouvé l. »
Comme chez les Kayans de Bornéo, « ceux qui sont morts de mort violente, à Bougainviile, sont mis à part même dans l'autre monde. Ce genre de mort (mort sur le champ de bataille ou par accident) passe pour ignominieux au suprême degré \ »
En Australie, dit Dawson, « il y a des morts qui ne sont pas vengées : les morts d'adultes causées par une épidémie... les morts naturelles de jeunes garçons avant qu'ils aient de la barbe, ou de jeunes filles avant la puberté, ou de ceux qui perdent la vie à la suite d'un accident : en se noyant, en tombant d'un arbre, par la morsure d'un serpent, etc. 8. » En d'autres termes, la mauvaise mort les prive des honneurs funèbres. En Nouvelle-Guinée allemande, « les âmes de ceux qui ont péri de mort violente, par assassinat ou par accident, demeurent dans le voisinage du lieu de leur malheur, sur de grands arbres, et inquiètent de là les survivants. Voyez, ajoute le missionnaire, quelle confusion il y a dans les idées morales des indigènes : ce n'est pas le meurtrier d'un homme qui a contracté une souillure, c'est l'âme de sa victime. Je ne parle que des gens deBongu. Selon eux, la victime, c'est-à-dire son âme, n'est pas admise dans le village des morts. Ces âmes-là sont exclues du repos, vivent sur certains arbres, et se nourrissent des fruits
1. R. Thurnwald. Im Bismarck Archipel und auf den Salomon Insein. Zeilschrifl fur Ethnologie, XLII, p. 134. (
2. E. Frizzi. Ein Beitrag %ur Ethnologie von Bougainviile und Buka. Bàssler-Archiv. Beiheft VI, p. 11-12.