‹ La mentalité primitiveChapitre 183 sur 333 · Missions évangéliques, XVI, p. î>-6 (note · texte numérisé non relu

Missions évangéliques, XVI, p. î>-6 (note

par la foudre. « Où est-il ? — Il est là-bas à l'endroit où il est tombé. Un homme comme cela, on ne le rapporte pas au village. » Je descends vers la grande route. Dans un creux, des hommes sont groupés. Deux d'entre eux creusent une tosse... On me montre une vieille couverture, trempée de pluie et souillée de boue ; on en soulève un coin ; c'est Tsai encore tout chaud, et qu'on va enterrer dans un instant, sans que sa grand'mère Tait revu, sans que son père et sa mère, qui demeurent à deux heures de cheval d'ici, aient été prévenus, et aient pu le voir une dernière fois. « Pourquoi l'enterrez-vous si vite, avant même qu'il soit refroidi, et sans appeler ^es parents ? — Un homme comme cela, on ne le ramène pas au village. — Pourquoi ? — Parce que la foudre reviendrait, et tuerait d'autres personnes du village '. »

Cette frayeur va si loin que les Bassoutos ne se hasardent même pas à secourir les gens frappés par la foudre. « Ces pauvres gens croient que s'approcher de l'endroit où la foudre est tombée, sans avoir fait préalablement les purifications d'usage parmi eux, c'est s'exposer à attirer sur leurs demeures un malheur semblable". » En 1912, la foudre met le feu à une maison où six enfants et deux jeunes gens étaient enfermés. « Ils ne parvinrent pas à ouvrir la porte. Ils appelèrent au secours ; leurs cris de douleur furent entendus de très loin et pendant un long temps. Mais personne ne bougea pour aller les secourir! Ces pauvres enfants savaient que leurs parents étaient là, à quelques pas... Le toit de la maison s'effondra soudain. Encore quelques cris des malheureux et ce fut tout. Personne n'osait s'approcher des maisons incendiées... Les gens, même les parents des

1. Ibd., LXXIV, 2, p. 172-3 (Diéterlen). Cf. Colonel Maciean. A Compendium of Kafir laws and cusloms, p. 85.

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