LA MAUVAISE MORT
victimes, n'osèrent pas venir au cimetière '. » — Chez les Béchuanas, un arbre frappé de la foudre succombe, lui aussi, à la « mauvaise mort » : on le détruit. « Quand la foudre fracasse un arbre dans le voisinage d'une ville ou dans les jardins, le chef y conduitses gens qui se mettent à l'extirper par le fer et par le feu. Ce n'est pas un petit travail de faire disparaître le tronc et les branches d'un antique mimosa qui a pris racine vers le temps du déluge, et presque aussi dur que le marbre ; mais on y met tant dezèleetde persévérance qu'à la fin il n'en reste plus vestige". » Pour que les noirs s'imposent une si rude corvée, il faut que les raisons en soient bien impérieuses.
En Afrique occidentale, nous trouvons des pratiques analogues, inspirées par les mêmes croyances. Au Dahomey, « la mort du piroguier qui se noie en passant la barre est considérée comme un châtiment intîigé par Hou (fétiche de la volute de la barre). Aussi le corps de la victime est-il enterré dans le sable du rivage, d'aucuns disent, jeté à la mer!. » — Chez les Mossi, « les suicidés sont enterrés comme les chie^ns chez nous, — car ici tous les chiens sont mangés, — les lépreux, de nuit, et sans réjouissances. La mort par accident, qu'elle soit occasionnée par une chute, par une piqûre de serpent, ou par toute autre cause, est attribuée à un mauvais génie, qu il ne faut pas irriter en rendant des honneurs funèbres à sa victime ; sinon, il reviendra tuer un autre membre de la famille. C'est pourquoi ceux qui meurent d'accident sont enterrés sans cérémonies, sans la présence des fossoyeurs : on ne leur rase pas la tète, car Dieu les a appelés avec leurs cheveux, disent les Mossi. Onéreuse la fosse et on les