A. Le Hérissé. L'ancien royaume du Dahomey, p
enterre, et tout est dit1. » — Chez les Waniaturu, « si un homme a été tué par la foudre, on dit que c'est son châtiment, parce qu'il était sorcier l. »
Enfin, chez les Fân du Congo français, le R. P. Trilles a relevé avec grand soin les représentations collectives et les usages relatifs à la « mauvaise mort ». « Nui n'admet que l'homme frappé delà foudre le soit par accident. Dans aucun cas, et là moins qu'ailleurs, l'accident n'est considéré comme tel... La violation d'un eki est presque toujours la cause du malheur, au dire des indigènes. Avant donc que le corps de l'homme frappé puisse être enseveli ou servir de fétiche, il faut tout d'abord que le féticheur recherche les causes de cette mort et déclare quel eki a été violé, pourquoi cet homme a été frappé. Cette première constatation faite, deux sanctions s'imposent, une pour l'individu, et une autre pour la tribu, le clan, et particulièrement la famille du mort... La famille paiera, tout entière et également solidaire, représentée par son chef; la tribu paiera également, tout entière et également solidaire, représentée par le chef de la tribu.
«Une deuxième sanction s'impose contre le mort. Puisqu'il a violé un eki, il doit être puni; déjà l'esprit a appliqué la sanction la plus forte qui puisse être infligée à un vivant : le crime ne pouvait être expié que par la mort. La tribu, à son tour, solidairement responsable, infligera la plus forte punition qu'elle puisse infliger au mort, la privation des sacrifices funéraires, d'abord, la privation des honneurs posthumes ensuite. Aucune danse, aucun chant n'auront lieu pour cet homme, sauf les lamentations funèbres des femmes dans l'intérieur de la case. Son cadavre sera porté dans la forêt, sans aucune cérémonie