P. Eugène Mangin. P. B. Les Mossi. Anthropos, IX, p
2. Eberhard von Sick. Die Waniaturu. Bâssler-Archiv. V, Heft 1-2, p. 55.
funéraire spéciale le concernant, puis on l'ensevelira sous une fourmilière, afin que les fourmis détachent les chairs au plus vite... Son crâne ne sera pas non plus conservé avec ceux de ses ascendants, et son souvenir, par conséquent, périra peu à peu. Tous ceux qui meurent par accident, et dont on ne peut retrouver les crânes, subissent ordinairement le même sort l. » Bref, la « mauvaise mort», en frappant un homme, oblige du même coup son groupe social à l'excommunier. Pour ne pas attirer sur soi la colère des puissances invisibles dont il est l'objet, on a hâte de l'éloigner. De là, la suppression des cérémonies funéraires qui règlent d'habitude les rapports du nouveau mort avec son groupe, et sans doute aussi la coutume des Fân qui l'ensevelissent sous une fourmilière. Plus vite les chairs seront détachées des os, plus vile aussi le défunt entrera dans sa condition définitive -.
S'il en est ainsi, quels sentiments éprouvera-ton à l'égard de ceux qui ont été tout près de la « mauvaise mort », qui y ont presque succombé, mais qui, paruncoup de chance ou un suprême effort, semblent y échapper et sauver leur vie? Viendra-t-on à leur secours, leur tendrat-on la perche, fera-t-on l'impossible pour les arracher à la mort qui les tient déjà plus qu'à moitié ? Un sentiment irrésistible d'humaine sympathie, semble-t-il, devrait y porter. Un sentiment irrésistible de crainte et d'horreur pousse le primitif, presque toujours, à faire précisément le contraire.
Ainsi, au Kamtchatka, « jadis, si quelqu'un tombait à