W. Shaw. Tliestory of my mission lo South Africa, p
parler de son accident. Il a été désigné par les esprits, et il lui en coûterait de le rappeler1». Du fait de sa blessure il a été excommunié, comme l'homme qui tombe à l'eau au Kamtchatka. — De même encore, en Guinée française, « lorsque par hasard un léopard ou un caïman a tué quelqu'un dans un viilage timéné, dit M. Madrolle, ce village doit être complètement évacué et détruit, et une forte amende est infligée aux membres de la famille à laquelle appartenait la victime, (on se rappelle le taua et le muru, en Nouvelle Zélande), car, disent les chefs, « il faut que « votre famille soit bien scélérate et ait commis bien des « crimes, pour que Dieu envoie pour vous punir des léo- « pards et des caïmans -. » Un voyageur du xvn° siècle, dans une observation confuse, laisse cependant transparaître à la fois la peur que les blessés et les malades graves •inspirent aux indigènes de la côte occidentale d'Afrique, et l'affection qu'ils ressentent pour eux. « Ils n'ont nulle amitié l'un pour l'autre, donnant à peine de l'eau aux blessés, qu'ils laissent mourir comme des chiens, le plus souvent abandonnés môme de leurs femmes et enfants. Nous vîmes un malade, à Fredericksbourg, abandonné de tout le monde, et les Mores admiraient comme nous osions l'approcher. Notre chirurgien le guérit, son mal étant une oppression d'estomac. Retournant à terre, nous le vîmes boire avec les autres, qui lui faisaient mille caresses, et huit jours auparavant sa femme et ses enfants l'avaient abandonné, parce qu'ils ne savaient pas son mal3. ».
Tout dépend en effet de la courbe que suit la maladie, et les sentiments changent avec le pronostic. Si, contre toute attente, le malade se rétablit, ce n'est plus un
i. Missions évantjéliques, LXXXV, 2, p. 227-28 (M. Kusillon).