Relations des jésuites, XXVII, (1645-46), p. o
résultat qu'il recherche l. » Ces derniers mots sont frappants. On ne saurait mieux exprimer que les représentations collectives de ces noirs, orientées autrement que les nôtres, placent dans le monde invisible toute causalité réelle.
Les missionnaires allemands de la Nouvelle-Guinée, témoins des mêmes faits, tiennent le môme langage, « Rien, disent-ils, ne s'entreprend jamais sans que l'on mette en œuvre des charmes (Zauber) : charmes pour la chasse, la guerre, les oiseaux, les poissons, les porcs, les échanges, les champs, le tonnerre, les éclairs, la pluie, les tremblements de terre, les femmes, la danse, les remèdes, le diagnostic, charmes pour combattre les charmes, etc. » s La liste serait sans fin. J'en citerai seulement quelquesuns à titre de spécimens.
« Les chiens destinés à la chasse au sanglier sont rendus ardents par des formules magiques que l'on prononce sur eux seuls, et par les procédés les plus divers. On récite sur un certain oignon la formule suivante : « Un aigle de mer tenait dans ses serres un poisson. Le vent d'est mugissait, la mer était démontée, mais l'aigle tenait ferme son poisson et ne le lâcha pas. » On brise alors l'oignon avec les dents, et l'on en insuffle le suc acre dans les narines de ces chiens. L'effet doit être que le chien ne lâchera plus le sanglier qu'il aura saisi3. » De même, « si l'on veut prendre des animaux au piège dans des fosses, il est nécessaire que des formules magiques aient été prononcées sur elles. À tel point que les gens au nord du Sattelberg, jusqu'à ces dernières années, ne creusaient pas de fosses à prendre les sangliers, pour cette seule raison qu'ils ne
1. Cavazzi. Istorica descrizioiie de'tre regni Congo, Matamba ed Angola, p. 115.