Ibd., III, p. 253 (Environs du cap Roenig Wilhelm
AIDE MAGIcjUE INDISPENSABLE 355
est subordonnée. « Dans l'opinion des indigènes, pour la prospérité de la végétation dans les champs, une grande importance est attachée à certains jeux qui, par suite, ne peuvent être joués que pendant la période qui suit les semailles. Ainsi le jeu de l'escarpolette, que l'on pratique au moyen d'un jonc des Indes, fixé aune branche d'arbre, a, pense-t-on, une bonne influence sur les ignames fraichement plantées. A ce moment donc jeunes et vieux, hommes et femmes, sont sur leurs balançoires. Pendant qu'elles vont et viennent, on chante des chansons d'escarpolette. Souvent celles-ci ne contiennent que les noms des ignames déplantées, et un joyeux appel de moissonneurs répété avec diverses variantes : « J'ai trouvé un beau fruit !...» Par cet appel de leur nom, on veut faire sortir de terre les pousses de l'igname... Pour que le feuillage de l'igname pousse luxuriant, verdisse, et se développe en largeur, les Kai jouent à la scie [avec des ficelles). En jouant au sabot avec les gros glands du pays, ou encore avec une espèce de figue sauvage, on croit accélérer la croissance des taro nouvellement plantés, (ceux-ci vont tourner sur eux-mêmes et s'élargir). Aussi ne doit-on pratiquer ce jeu qu'au temps des semailles. De même pour celui qui consiste à percer des tiges de feuilles de taro avec des côtes de feuilles de sago servant de lances en miniature. . . Trait plus remarquable encore que cette limitation de certains jeux à la période du travail des champs : les Kai ne permettent de conter les « histoires des temps primitifs », et les légendes populaires, qu'au momentoù les graines qui viennent d'être plantées germent et bourgeonnent. »L Et le missionnaire ajoute, un peu plus loin : « Par le mot final des légendes des Kai, on comprend qu'elles sont contées exclusivement pour une fin bien déterminée, — à savoir pour faire avancer