‹ La mentalité primitiveChapitre 209 sur 333 · A. W. Nieuwenhuis. Quer durcli Bornéo, II, p · texte numérisé non relu

A. W. Nieuwenhuis. Quer durcli Bornéo, II, p

Chacun essaye à son tour de chasser la toupie de son prédécesseur avec la sienne, de telle façon que celle-ci continue à tourner, jusqu'à ce qu'elle soit chassée par la toupie du suivant... De la sorte, chaque nouveau travail de la rizière est inauguré par des cérémonies religieuses et culinaires, pendant lesquelles des tabous de quelques nuits et des jeux déterminés étaient toujours prescritsà la communauté, comme aussi des luîtes, des concours de saut en hauteur et en longueur, des courses, etc.. *. »

En Amérique du Sud, « ce qui me surprit le plus, à propos du jeu appelé chuke (sorte de jeu de l'oie), fut que, du moins chez les Ghoroti du Grand Ghaco, on n'y joue qu'à un certain moment de l'année, au mois de mars, lorsque la saison des pluies finit dans le Ghaco, et que l'hiver commence. Alors on s'y mettait : dans tous les villages on taillait les dés pour le chuke, et Ton jouait tous les jours pendant des heures, parfois du matin jusque tard dans la soirée. Déjà cela me parut indiquer que des représentations mystiques étaient liées à ce jeu. En outre, on jouait avec une hâte presque fébrile, et les résultats de chaque coup étaient toujours annoncés à haute voix, de façon à être entendus au loin. Les Ghoroti me déclarèrent expressément qu'ils ne jouent le chuke qu'au commencement de l'hiver, quand l'algarobe et les autres fruits comestibles commencent à manquer. C'est pour les Indiens du Ghaco le début d'une période où ils ont souvent à supporter un dur combat pour l'existence. Le jeu doit alors avoir pour effet d'augmenter le nombre des fruits et d'accroître le bien-être des Indiens en général. Ce résultat est obtenu par le fait qu'il y a toujours un ou plusieurs des joueurs qui gagnent, ce qui, d'une façon mystique, leur profite à tous 2. »

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