VERTU MYSTIQUE DE LA PERSONNE DU CHEF
la poudre d'or et l'étoffe blanche qui l'accompagne, toutes deux apportées par moi L. »
Un témoin contemporain nous rapporte les mêmes pratiques, et nous dit pourquoi les Dayaks y tenaient tant. « Quand M. Brooke visite leurs demeures, au lieu de l'implorer, chacun lui apporte un peu du riz qu'ils ont l'intenlion de semer la saison prochaine; on lui remet aussi les colliers des femmes, qui ont été trempés dans une mixture préparée d'avance. Il les secoue au-dessus des petits vases où sont contenues les semences, et l'on pense que par cette opération il les rend très fécondes. » (Il est intéressant de voir ici l'influence mystique des femmes jointe à celle du grand chef.) « D'autres tribus, trop éloignées pour être visitées par lui, envoient des messagers lui demander un petit morceau d'étoffe blanche, et un peu d'oroud'argent, qu'ilsenterrentdans le solde leurs champs, pour obtenir le même résultat. Quand il entre dans un village, les femmes lui lavent les pieds, d'abord dan l'eau, puis dans le lait d'une noix de coco fraîche, et enfin encore dans l'eau, et tout ce liquide qui a été en contact avec sa personne est conservé pour être réparti entre les plantations : on croit qu'il assurera une moisson abondante. Je faisais un jour la remarque que la récolte de riz de la tribu Samban était maigre ; le chef observa aussitôt qu'il ne pouvait en être autrement, puisque le rajah ne les visitait jamais, et il me pria d'intercéder auprès de M. Brooke, pour qu'il vint les voir, ce qui supprimerait les causes qui nuisaient à leur récolte 2. »
A Sumatra, près du lac Toba, « les vents reçoivent le nom de la région du ciel d'où ils viennent, ou bien ils sont nommés d'après le nom du chef de cette région, ce qui
1. Narrative of events in Bornéo and Celebes, II, p. 42-43. (M. Brooke's, Journal, 184ii).