Hugh Low. Sarawak, p
Lévy-Brcui.. — Mentalité. 24
prouve que ie Battak ne voit pas seulement en son chef le maître absolu des choses et des gens : le chef est en quelque sorte divin, ou au moins un représentant de la divinité. Les gens ne pouvaient pas comprendre que nous affirmions n'avoir aucun pouvoir sur le vent l. »
Dans les sociétés de l'Afrique du Sud, des représentations collectives du même genre conduisent à des usages analogues. « Que, par exemple, le roi (des Matébélés) qu'on regarde comme le maître des cieux aussi bien que de la terre, vienneà ne pas faire tomber sur celle-ci, aussi régulièrement qu'on le voudrait, le bienfait d'une pluie fertilisante : aussitôt on s'en émeut. C'est, dit-on, parce que le roi a le cœur irrité ou malade, ou bien encore noir on se sert assez indifféremment de l'un ou de l'autre de ces termes 2) ; il ne donnera de la pluie que lorsque d'autres sentiments plus agréables auront remplacé ceux-là... La première chose à faire est d'en découvrir la cause ; on la trouve presque toujours en ce que certaine ville ou certain district aura commis un délit quelconque, c'est-à-dire un acte qui a déplu au roi ; alors, expiation, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, le massacre des chefs, la destruction delà ville ou des villes, la captivité ou la dispersion des femmes et des enfants... Il faut bien que le chagrin du roi soit apaisé : il n'y a que ce moyen de mettre un terme au fléau de la sécheresse3. » Il ressort de cette observation que l'action bienfaisante du chef sur la nature ambiante dans le cas présent sur la pluie), ne paraît pas dépendre essentiellement de sa volonté , mais de l'état de son « cœur ». Celui-ci peut être « noir », parce que, dans son entourage ou au loin, un tabou important aura été violé, sans même -qu'il le sache, ce qui offense les puissances
4. Berichle der rheinischen Missionsgesellschaft, il>04, p. 10.