‹ La mentalité primitiveChapitre 215 sur 333 · Missions évangéltques. XXXIX. p. 461-62 (Thomas · texte numérisé non relu

Missions évangéltques. XXXIX. p. 461-62 (Thomas

invisibles. Il s'agit donc bien d'une influence mystique qui émane du chef, d'un mana personnel qui rayonne autour de lui, et qui provient de sa participation au monde invisible.

Au lieu d'une forme d'activité pacifique comme l'agriculture, considérons la guerre, occupation fréquente pour beaucoup de sociétés inférieures : la mentalité primitive y interprète les faits de la même manière, et elle y fait dépendre le succès de participations semblables.

« Ils (les Indiens de la Nouvelle-France) semblent reconnaître le destin pour la guerre. Il n'attribuent pas la victoire à la force ni au courage de leurs soldats, nia la bonne conduite de leurs capitaines, mais au destin ou manitou, qui donne à manger d'une nation aune autre quand il lui plaît. C'est pour cela qu'ils jeûnent, espérant que ce manitou leur parlera et se fera voir à eux la nuit, et leur dira : je te donne à manger de tes ennemis; va les chercher1. » Chez les Creeks, « les expéditions, en quittant la ville, avaient toujours à leur tète un homme de courage physique éprouvé et de grande habileté... Un autre, appelé hobâya (prophète) accompagnait ces incursions. C'était un homme versé dans les chants et les cérémonies par le moyen desquelles il pouvaii^affaiblir l'ennemi et aveugler les yeux de ses guerriers. Il savait aussi prédire les événements, et déterminer si un raid ou une expédition de chasse réussirait ou non2.» — Lerécit suivant montrelaconfianceaveugle de ces mêmes Indiens dans les puissances invisibles qui doivent lesconduireà la victoire. « Les Creeks méditaient

Page 1