‹ La mentalité primitiveChapitre 218 sur 333 · H. Lichtenstein. Reisen im siidlichen Afrika. II. p · texte numérisé non relu

H. Lichtenstein. Reisen im siidlichen Afrika. II. p

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porte de leur ville un panier avec une énorme tète de rhinocéros qui les regardait d'un air menaçant. Il fallait que les sorciers missent cet hôte effroyable hors d'état de nuire... On observe dans beaucoup de tribus africaines une pratique magique vraiment horrible, par laquelle on croit pouvoir anéantir l'ennemi : on écorche un prisonnier, et on se sert de la peau, après l'avoir tannée, pour des consécrations fortifiantes1. »

Chez les Barotse, M. Coillard a observé un fait singulièrement semblable à celui que nous avons vu tout à l'heure chez les Greeks : la direction de la marche confiée à une jeune fille que l'on suppose, inspirée par les puissances invisibles. « La jeune fille... n'est pas la vivandière du régiment, c'en est la prophétesse. Choisie par les osselets divinatoires, elle est l'interprète des dieux. Rien ne se fait sans elle. C'est elle qui donne le signal du départ et de la halte. Elle porte la corne qui contient les médecines de la guerre et les charmes. Elle est toujours en tète de l'avant-garde, et il n'est permis à personne, même au repos, de passer devant elle. Qu'elle se fatigue ou tombe malade, c'estauxjeunesgensdelaporter. En arrivantdevant l'ennemi, c'est elle qui tirera le premier coup de fusil, et tout le temps que durera la bataille, il ne lui est permis ni de dormir, ni de s'asseoir, ni démanger ou de boire... Au retour, en récompense de ses services, la jeune prophétesse deviendra une des ynaori, une des femmes du roi ~. »

Au Congo, les devins jouent le même rôle,- dans la guerre, qu'en Amérique du Nord et en Afrique australe. « Ils sont les arbitres des résolutions, surtout quand l'incertitude du résultat fait hésiter. Ils bénissent, ils maudis-

1. A. Merensky. Erinnerungen aus dem Missionsleben in S. 0. Afrika, p. 163-64.

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