‹ La mentalité primitiveChapitre 22 sur 333 · II. Ward. Five years with the Congo cannibals, p · texte numérisé non relu

II. Ward. Five years with the Congo cannibals, p

être mises à mort à cause de l'accident qui en avait fait noyer six.

« Dans ce district, c'est de cette façon que l'on ripostait à la mort des personnages importants, ou aux morts qui se produisaient dans des circonstances extraordinaires1. »

« Un homme entre dans un village et pose à terre son fusil. Le coup part et tue une personne. Le fusil est saisi par la famille de la victime. Il vaut plusieurs esclaves, et son propriétaire peut tenir autant à le racheter que s'il s'agissait de son propre frère. Quand il n'y a pas de fusil à saisir, l'auteur de l'homicide par accident est enchaîné comme un esclave et gardé comme un assassin. Parfois les autorités indigènes, au lieu de saisir l'auteur de l'accident ou son fusil, le proclament innocent et vont trouver le sorcier pour découvrir l'ensorceleur qui a été la cause véritable de la mort. Selon eux, c'est sur lui que doit peser toute la responsabilité. Ils emploient ici une comparaison empruntée à la chasse. Le chasseur qui a blessé le premier un chevreuil y a droit, même si c'est un autre qui l'abat. Celui-ci ne fait, en quelque sorte, que « trouver » le gibier du premier chasseur. De même l'homicide par accident n'a fait que «trouver » ou abattre la victime que le sorcier avait déjà tuée : il n'est pas la cause, mais seulement l'occasion de sa mort. D'autres soutiennent que l'homicide a beau protester de son innocence et affirmer qu'il est lui-même victime d'un sorcier, il doit néanmoins payer une indemnité. J'ai vu une fois deux hommes qui passaient en jugement pour un désordre commis pendant qu'ils étaient ivres. La personne qui leur avait fourni la bière avait été citée également, et elle avait peur qu'on ne l'accusât d'avoir ensorcelé la bière. Une terreur plus pro-

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