‹ La mentalité primitiveChapitre 221 sur 333 · A. W. Nieuwenhuis. Quer durch Bornéo, II, p. 167 (Bahau · texte numérisé non relu

A. W. Nieuwenhuis. Quer durch Bornéo, II, p. 167 (Bahau

impression provient principalement de la crainte que les puissances invisibles ne soient hostiles. Dès qu'un signe de celte défaveur apparaît, le primitif s'incline devant la décision, comme il accepte sans murmurer jamais la décision d'une ordalie. Aux îles Fidji, « aussitôt qu'un mauvais coup est manqué, l'indigène abandonnera l'idée de le recommencer. Il met le feu à une maison, mais les flammes sont étouffées à temps : l'incendiaire accepte sa défaite, et ne renouvelle pas sa tentative. Un meurtre est empêché : ceux qui voulaient le commettre considèrent qu'il en a été décrété ainsi. Un malheureux est fait prisonnier : il ne cherche pas à se sauver. Tout ce qu'il souhaite est une prompte lin de ses souffrances1. » Aussi ces mêmes Fidjiens se préoccupent-ils d'assurer leur salut, au cas où la bataille ne tournerait pas tout de suite à leur avantage. « Dans leurs préparations d'attaque, dit encore Waterhouse, un trait tout à fait frappant est le soin qu'ils donnent aux dispositions prévues en cas de défaite. Ils emploient parfois de nombreuses journées à préparer les orna (sentiers pour se sauver en cas d'échec), tandis que l'attaque ne durera que peu d'heures2. » Les Fidjiens ne manquaient pas de courage. Mais ils ne pouvaient aller contre la décision des puissances invisibles, et ils croyaient sage de prévoir le cas où elle serait contre eux.

De même, en Afrique équatoriale, « quand deux chefs se font la guerre, la victoire ne dépend pas seulement de leur force et de leur courage, comme nous le penserions, mais aussi des « médecines ». Si, du côté du chef le plus puissant, quelques hommes tombent, aussitôt on bat en retraite. Cette armée reconnaît que ses « médecines » n'ont pas réussi. Rien ne peut lui persuader de recom-

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