F- S. Arnot Garenganze, p
2. P. J. de Smet. S. J. Voyages dans l'Amérique septentrionale, p. lak)-o2.
En temps de guerre, on en retirait ces massues, après avoir prononcé sur elles, dans la hutte, les formules magiques usuelles. On les avait préalablement frottées avec du malira (c'est une feuille d'arbre douée de propriétés magiques), oU bien on en attachait à chacune d'elles... chaque sorte de massue avait son malira spécial... Toutes ces opérations magiques avaient pour but de rendre mortelles les massues, de telle façon qu'un seul coup suffît pour étendre l'ennemi par terre. On prétendait que ces opérations, comme les massues el les-mêmes, avaient été apportées de fort loin1. » Tout près de là, à Buin (île Bougainville) on use de procédés analogues. « Atin que les lances atteignent infailliblement leur but, on les consacre, — spécialement pendant une certaine danse en l'honneur des morts, — en les fr-appant contre le sol, ce qui en casse la pointe. Ou bien, on peut aussi les consacrer en tirant à la cible sur le cadavre d'un homme qui a péri de mort violente (par exemple à l'occasion de la construction de la maison d'un chef). On recueille ensuite les lances qui ont touché le but, on en aiguise la pointe de nouveau, et on les munit de crochets2 ». Les indigènes ne se contentent donc pas de soumettre leurs armes à un traitement magique : ils veulent encore discerner celles sur qui l'effet désiré a été produit, et ils ne se servent que de celles-là. Avant d'être employées, elles doivent avoir subi une épreuve. Nous faisons de même pour nos canons. Mais l'essai, chez ces Mélanésiens, est mystique, comme l'efficacité même des armes que l'on vérifie.
Godringtona bien expliqué que leurs flèches sont empoisonnées, mais non pas au sens où les Européens le disent. « Ce que les Mélanésiens veulent, et ce qu'ils obtiennent