Dr Pechuël-Loesche. Die Loango Expédition, HI, 2, p
ranimatlui-mêmeou sa reproduction qui serve d amulette: elle a le même pouvoir dans les deux cas. Mais il y a une nuance de différence dans la façon dont sont conçues les amulettes qui se transmettent par héritage. Elles consistent en instruments hors d'usage, souvent môme en fragments. Ici, cène sont pas les qualitésoriginelles del'objet qui sont d'importance, comme dans le cas des amulettes en forme d'animaux; ce sontsesqualilés acquises, par exemple, le bonheur à la chasse qui a favorisé l'arme une fois que son premier possesseur s'en servait; c'est maintenant là le pouvoir principal de l'amulette1. » Ce n'est plus, à proprement parler, une amulette: c'est un porte-bonheur. Enfin, puisque les propriétés matérielles et visibles d'un instrument ou d'un engin sont secondaires au prix de ses qualités invisibles et mystiques, que l'usage seul fait connaître, l'aide la plus précieuse pourra provenir d'un objet quelconque, dont on n'aperçoit pas la relation avec la fin que l'on poursuit, pourvu que l'expérience ait une fois révélé qu'il ace privilège. Ainsi, chez les Maidu de l'Amérique du Nord, « quand on rencontre une pierre ou un objet de forme bizarre ou de couleur étrange, on le ramasse, et on en éprouve le pouvoir. Si l'homme qui l'a trouvé et qui le porte sur soi a du bonheur en quelque chose, par exemple à la chasse ou à la pêche, celle pierre ou cet objet sera soigneusement gardé par lui, comme un charme pour réussir désormais dans cette occupation2. » Ce charme, comme on voit, ressemble fort à ce que les joueurs appellent un « fétiche ». Quand le Maidu partira à la chasse, cette pierre ne lui sera pas moins indispensable que ses armes.
*. W. Thalbitzer. Ethnoflvapkical collections from East Greenland. Meddelelser uni Groenland, XXXIX. p. 630.
2. R. B. Dixon. The northern Maidu. Bulletin of (he American Muséum of natural hislory , XVII, p. 267.