‹ La mentalité primitiveChapitre 230 sur 333 · Cf. supra, ch. VIII, p · texte numérisé non relu

Cf. supra, ch. VIII, p

. Commandant [Delhai se. Les Warega, p. 213. i. Macgregor, Laird and Oldfield. An expédition into the intérim' of Africa, II, p. 277-78 (1837).

de l'endroit d'où provenaient les cris, qui était à peu près à vingt yards de la mer, et je vis là une femme attachée à une pièce de bois, les bras et les jambes liés, attendant l'heure de la marée pour être jetée dans l'eau et y devenir la proie des requins. Je m'informai... et j'apprisque c'était une des femmes d'un chef qui était mort quelques jours auparavant, et que le frère du défunt l'avait désignée pour être ainsi victime, parce qu'elle avait désiré la mort de son mari ^ »

Ces faits demeureraient inintelligibles, si nous ignorions les représentations collectives qui déterminent ces primitifs à agir ainsi. En premier lieu, le désir dont il est question n'est pas nécessairement un souhait conscient, défini et formulé. Une femme, dans un mouvement d'humeur ou d'impatience, dans un accès de jalousie, peut avoir désiré la mort du défunt, sansse l'avouer à elle-même, sans s'en rendre compte Elle peut nier de la meilleure foi du monde, — et le poison, en la tuant, donnera la preuve du contraire. Si le désir a existé, ne fût-ce qu'un instant, son effet fatal a pu se produire, surtout au casoùla femme recelait en elle le principe malin qui fait les sorciers. C'est de quoi l'on s'assure par l'épreuve du poison. Mais la présence de ce principe n'est même pas nécessaire : le désir, à lui seul, peut tuer comme l'ensorcellement. Les indigènes de cette partie de l'Afrique en sont persuadés, et c'est l'origine de complications dont le Dr Pechuèl-Loesche nous donne une idée. « Nous ne pouvons guère mettre en doute qu'il y a effectivement des personnes qui se tiennent pour des sorciers au pire sens du mot, et qui môme en font publiquement l'aveu. Un sentiment haineux à l'égard de quelqu'un ne suffit-il pas pour lui nuire, pour le tuer ? La volonté mauvaise a le même effet que l'action mauvaise.

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