‹ La mentalité primitiveChapitre 24 sur 333 · lbd., 1896, p · texte numérisé non relu

lbd., 1896, p

Lévy-Bbihl. — Mentalité. 3

lement naturelle aux yeux de ces tribus africaines, que même là où les missionnaires s'efforcent depuis longtemps de la combattre, ils sont impuissants à en détourner les indigènes. Ecoutez les plaintes de M. Dieterlen, en 1908, chez les Bassoutos : « Le mois dernier, la foudre a frappé la maison d'un homme de ma connaissance, a tué sa femme, blessé ses enfants, et brûlé tout ce qui lui appartenait. La foudre, il sait bien qu'elle vient des nuages, et que les nuages sont inaccessibles à la main de l'homme. Mais on lui a dit que ce coup de foudre lui avait été envoyé par un voisin qui lui veut du mal ; il l'a cru, il le croit encore, il le croira toujours.

« L'année dernière, les sauterelles se sont abattues sur les champs du jeune chef Mathé-a-lira, qui a reçu une instruction scolaire assez étendue, et a longtemps fréquenté les services religieux de nos temples. Qu'importe! H a attribué cette invasion de sauterelles aux maléfices de son frère Tesu, qui lui dispute le droit d'aînesse et la succession au trône du district de Léribé.

« Une jeune veuve est morte il y a quinze jours, à un kilomètre d'ici, succombant à une maladie intime, qu'elle devait probablement à sa mauvaise conduite. Mais non ! Cette maladie, c'est un homme dont elle avait refusé les propositions de mariage qui la lui a communiquée, en lui donnant une poignée de chanvre à fumer. Sa mère est chrétienne, et je lui ai expliqué que pareille chose n'était pas possible. Elle ne m'a pas cru, et elle nourrit un ressentiment contre celui qu'elle considère comme le meurtrier de son enfant1. »

Que l'accident soit heureux au lieu d'être funeste, la réaction du primitif demeurera cependant la même. Il y verra l'action des puissances mystiques, et le plus sou-

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