LES BLANCS SONT DES REVENANTS
ment les empêchait de distinguer ceux qui montaient le navire étranger, nos bons sauvages, dans leur simplicité, prenaient les embarcations qui s'en détachaient pour des noix de coco flottant sur la mer ; mais lorsque les chaloupes, en s'approchant, parurent pleines d'être inconnus, dont ils ne soupçonnaient pas même l'existence, alors la consternation fut excessive. Les vêtements dont ils virent les Européens couverts leur firent croire, pendant quelque temps, que ces nouveaux hôtes étaient un peuple tatoué. Ceux que leurs habits enveloppaient plus complètement passaient pour des marapé (hommes tatoués jusqu'au visage et dont nos insulaires ont une grande frayeur.) Enfin ils se persuadèrent que c'étaient des dieux malfaisants, qui venaient pour les perdre...1 ». En Australie, cette croyance se rencontre dans beaucoup de tribus, fort éloignées les unes des autres. « Les indigènes me donnèrent le nom d'un chef qui était tombé dans une bataille, et affirmèrent que j'étais revenu parmi eux sous la forme d'un blanc2. » — « A l'île Darnley, aux îles du Prince de Galles, au Gap York, le mot employé pour désigner un blanc veut aussi dire revenant (ghost). Souvent, quand les enfants tourmentaient Gi'om (une femme blanche qui vécut plusieurs années avec les indigènes), une personne d'âge les grondait, en leur disant de la laisser tranquille : « La « pauvre, elle n'est rien, elle n'est qu'un revenant. * Les gens du Gap York allèrent plus loin. Ils reconnurent en quelques-uns de nos officiers et des hommes de l'équipage certains de leurs parents décédés, — à cause d'une ressemblance qu'ils croyaient trouver, — et, en conséquence, sous les noms de Tamu, Tarka, etc., ceux-ci furent considérés comme appartenant à la famille, et
1. Annalesde la Propagation de la foi, X (1837). p. 202 (Lettre du P. Laraty.